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Les frénésies d’ouvertures passées se payent cash…

Les risques d’un suréquipement commercial avaient été évoqués depuis longtemps. Davantage de magasins n’a jamais fait grandir le nombre des clients… Alors, on ferme…

 DVSM, septembre 2018 – Ouvertures, inaugurations, la fête était devenue presque permanente. Puis, la modération s’est installée. Mais les lendemains de fête déchantent. S’il est commode d’accuser le commerce en ligne d’avoir déshabillé son homologue physique, accepter une réalité liée à des excès passés semble plus difficile. Et pourtant… S’appuyant sur une tendance, à savoir une croissance adossée à une augmentation sans fin de la démographie et des ménages toujours plus nombreux ayant à s’équiper et à consommer, les créations dans les implantations se sont multipliées.

Toujours appuyées sur les mêmes lieux communs, tel que « se rapprocher de la clientèle », ou des estimations trop « à la louche » et optimistes des réserves de zones de chalandises, tout un monde de décisionnaires avançait soit avec des œillères, soit en faisant plus ou moins consciemment les autruches. Avec aussi l’ambition d’aller puiser dans les réserves de chalands des autres. Le tout en feignant d’ignorer l’érosion inéluctable du papy-boom, le vieillissement des populations, phénomènes bien connus, ne serait-ce que lorsqu’ils étaient mis sur le tapis à propos du financement des retraites.On fonçait, et puis on verrait bien.

Aujourd’hui, on voit. Clairement le terrain va impérativement devoir s’éclaircir (les pudiques diront « se rationaliser ») et reprendre des dimensions plus cohérentes avec les réalités. Et de-ci de-là, on ferme, créant une émotion collectivement partagée*. La démographie est étale, les clients ont pris de l’âge. Et le e-commerce ajoute bel et bien son pesant d’influence, souvent façon « boomerang », dans le sens où ce sont les enseignes physiques les plus connues qui en animent une bonne part. Il reste un détail important à évoquer, l’emploi. Au risque de paraître un peu « culottés », osons souligner que les suppressions de postes qui vont inéluctablement être induites par cette indispensable remise en forme du tissu commercial vont concerner des personnels qui, sans les excès de créations d’implantations, n’auraient pas eu le travail qui les a fait vivre durant un temps plus ou moins long, selon les circonstances.

Evaluer les conséquences de ces mauvaises trajectoires est très compliqué. Cependant, des échecs de ce genre ne peuvent que pénaliser l’ensemble de la collectivité. Les erreurs étaient prévisibles. Même DVSM Le Magazine en avait plusieurs fois évoqué ce risque. Mais les prévisions, c’est pour les autres. Non…?

* Faut-il rappeler les fermetures et tentatives de cessions qui ont depuis plusieurs mois alimenté les gazettes, que le groupe Casino « enrichit » d’une annonce supplémentaire…?

Source DVSM

 

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