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Les hypermarchés ne sont pas encore morts, selon M-E Leclerc. Ouf…!

Il est devenu de bon ton d’affirmer que l’hypermarché est à « réinventer ». Boudé, peu adapté au présent, pas fichu mais presque…? Des jugements battus en brèche par Michel Edouard Leclerc, avec quelques explications à la clé.

 DVSM, 18 février 2020. Indiscutable, des éléments de ce que certains appellent d’une manière parfois péjorative la « grande distribution » sont dans une passe délicate. Carrefour, Cora, Auchan, Géant… qui n’en est pas à des corrections de cap, dans l’ensemble douloureuses, qu’il serait plus pertinent d’attribuer à une transition entre générations de consommateurs (la nouvelle étant essentiellement moins nombreuse que l’ancienne, effet « retour de flamme » du baby-boom). Mais tous les grands axes du commerce, en France comme dans le monde occidental, subissent ces effets d’une ampleur considérable, ayant déjà fait trébuché plus d’un acteur pourtant parmi les puissants et renommés, il n’y a que quelques années.

En revanche, l’hyper, qui depuis son avènement, semble soulever une sorte de réaction urticante chez quelques observateurs et commentateurs toujours plus aigris que leur ombre, n’est pas plus affecté que d’autres circuits. En revanche, les modèles économiques des enseignes évoluent avec des fortunes diverses dans un univers commercial où les structures de la concurrence ont changé. En se développant, les enseignes ont largement corrigé les effets de la proximité. Le grand hyper parvient moins que jadis à s’octroyer le rôle du lieu où tout consommateur trouve tout ce dont il a besoin. Ce qui n’est en rien le constat d’une situation moribonde du concept.

« L’hypermarché reste notre navire amiral« , affirmait il y a quelques jours Michel Edouard Leclerc dans les colonnes du quotidien Les Echos. Le groupe affiche une progression, « l’hypermarché participant à 54% de notre croissance« , souligne le patron du groupement. Qui ajoute en substance que ses 600 adhérents sont avant tout des commerçants ayant pour objectif la satisfaction de leurs clients, insistant sur la différence « avec les stratégies financières de nos concurrents« . Les grandes enseignes évoquées plus haut ont sans doute quelque peu manqué cette marche d’une meilleure proximité. S’il était courant pour des clients de parcourir 20, 30 ou 50 kilomètres pour rejoindre un lieu riche en offres de tous produits, l’implantation des hypermarchés et supermarché (et même des modules plus réduits) de Leclerc, comme de Système-U ou d’Intermarché a rebattu les cartes. Ce qui change aussi la donne au cœur des centres commerciaux.

La grande surface à l’enseigne Leclerc du centre commercial Atlantis (et navire amiral de l’univers Leclerc à Saint-Herblain, en proche périphérie nantaise) serait-elle aussi dynamique sans toutes les enseignes connues qui l’entourent et l’accompagnent dans l’attractivité locale…? Osons cette comparaison ferroviaire. Hier encore, le centre commercial vivait un peu aux crochets de sa locomotive, la grande surface. Aujourd’hui, tout comme les trains avec locomotives et voitures* ont laissé la place à des rames homogènes, comme celles des TGV, l’ensemble des acteurs du centre commercial constituent cet assemblage homogène ou tout le monde avance avec tout le monde. Si réinvention de l’hyper il y a, c’est surtout dans ce sens qu’il convient d’en prendre les dimensions.

* Ne dites que « voitures » pour des voyageurs, et surtout pas « wagons », terme ferroviairement exclusivement dédié aux marchandises et aux bestiaux.

Source DVSM

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