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L’expression usuelle « bout du fil » ne veut plus rien dire

Ligne de vie, mort de ligne… La téléphonie de bien avant grand papa commence à mourir. Mais c’est peut-être idiot…

DVSM, novembre 2018 – Comme l’aurait chanté un artiste récemment disparu, « elle va mourir ». Pas la mama, mais la téléphonie classique, celle qu’un certain Graham Bell avait imaginée (en s’inspirant fort gracieusement, semble-t-il, des travaux aujourd’hui officiellement reconnus antérieurs d’un inventeur italien). Au gré de ses 150 premières années, elle en a subi, des évolutions…! Il faut oublier un moment les images d’Eliott Ness tenant son micro entonnoiroïde relié à l’instrument accroché au mur et demandant à une opératrice (la parité étant réservée au fil de cuivre) de le mettre en contact avec un correspondant.

 

Au début des années 60, même en région parisienne, ce téléphone n’était pas encore totalement automatisé. Et, comme pour les autoroutes ou d’autres équipements essentiels, l’Hexagone fut longtemps plus que sous équipé de ce lien établissant le contact entre les individus. Dans le centre de la capitale, vers 1975, des entreprises étaient soumises à une attente de parfois plusieurs années pour obtenir une simple ligne…! C’est sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (et grâce au travail du ministre Norbert Segard) dans la fin des années 70, que la situation a commencé à se décanter pour ce pays, dont certains se demandent encore aujourd’hui, naïfs, où et quand il a pu prendre les handicaps qui le pénalisent encore.

Un début de progrès, mais pas encore une libéralisation, fut micro-amorcée en 1986, lorsque tout quidam fut enfin autorisé à s’offrir un poste (ou combiné) ne venant pas de l’administration monopolistique (et bien sûr déficitaire) des PTT devenues P&T*. Tout cela, c’était avant. A présent, des firmes privées gèrent profitablement des réseaux téléphoniques pour lesquels les techniques numériques jouent un rôle sans cesse grandissant. Et il devenait inéluctable que, dans une logique quand même un peu panurgique, la décision d’en finir avec le fil et son incontournable conjoncteur (la prise fixée au mur) soit prise par un intervenant zélé. Sans le dire, une box gratuite va doucement se mettre en place.

La fibre comme une promesse…! Une transformation qui, pourtant, n’est que de façade. Bien sûr, doucement, la fibre s’installe, mais elle est loin d’aller partout, et elle n’ira peut-être jamais jusqu’au plus profond de nos campagnes. Pour l’heure, la carte (ci-desssus) de la couverture qu’affiche l’ARCEP (et que l’on peut découvrir intégralement ici) montre que, selon l’expression populaire, « on n’est pas rendus ». Des utilisateurs de l’ADSL qui interrogent les opérateurs à ce sujet s’entendent même quotidiennement répondre que… »il y a des projets, mais pour chez vous, il n’y en a aucun« . Notre conviction est que dans de nombreux endroits assez reculés, certains opérateurs tenteront peut-être de faire le grand écart et de passer Internet et téléphonie via la 5G (digne succession de l’actuelle 4G fixe). En attendant, ce cuivre ne devrait peut-être pas être trop vite enterré car, pour l’heure, en tranchée ou de poteau en poteau, c’est encore lui qui véhicule l’ADSL. Ne coupez pas, enfin pas trop vite…!

*Postes, Télégrammes, Téléphones, puis Postes et Télécommunications.

Source DVSM

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