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LIDL, des questions autour de la vente éclair d’un robot culinaire…

Existe-t-il dans l’industrie des responsables qui croient encore que la concurrence n’existe pas ou somnole, indolente sous un soleil de plomb…?

DVSM, 3 juin 2019. Ne soyons pas hypocrites, nous avions vu venir l’onde de choc. Ne serait-ce que parce que nos explorations méthodiques des publicités « boîtes aux lettres » de toutes les enseignes sont souvent pleines d’enseignements. Certes, la trépidante low-cost allemande est également assidue sur les écrans de TV et dans la pub radio. Mais ses brochures hebdomadaires BAL constituent un modèle du genre. Non seulement pour certains prix, mais aussi pour la méthodique application qui y transparaît dans l’art de cibler des clientèles, jeunes, masculines, féminines… Et l’annonce de l’équipement culinaire en bonne place dans l’une des pages de l’édition de la semaine dernière était prometteuse. En clair, un outil visant directement le très fameux Thermomix, l’un des succès de notre époque, dans un esprit comparable à ceux de la GoPro, de l’iPhone, des aspirateurs Dyson, etc… La pub a produit son effet. Les clients et clientes ont convergé vers les magasins et purgé les stocks en un tourbillon. C’est vendu, tout vendu…!

Le très intéressant site Les Numériques n’a pas manqué ce succès explosif et les ventes en un éclair qu’il relate ici, dès les premières secondes d’ouverture des rayons. Belle opération, qui risque de porter un coup sévère à l’original. Nous nous étions déjà interrogé il y a quelques saisons à propos de la caméra de sport GoPro, dont les créateurs n’avaient peut-être pas imaginé et encore moins vu venir les concurrents, restant arrimés à leur positionnement élevé. Que les producteurs de ce Thermomix n’ont-ils, eux non plus, pris l’initiative de se placer à un niveau nettement moins attaquable…! Aveuglement…? Excès de confiance…? Il n’existe pas d’exemple* de telles mésaventures sans que se soit instauré ensuite un « après » succédant à un trop bel « avant ».

A cette question initiale, succède une autre, paraphrasant Gilbert Bécaud, « Et maintenant…? » Un peu tard pour répliquer à ce qui est peut-être, à tort, interprété comme un coup ponctuel. Dans ce genre de situation, la première salve en entraîne d’autres, éventuellement encouragées par des producteurs ou sous-traitants dans des régions où la production industrielle sait être aussi réactive que concurrentielle. Et pourquoi ne pas poursuivre plus avant cette suite interrogative…? Pourquoi certains industriels leaders, qui produisent des équipements en grands volumes, ne coupent-ils pas l’herbe sous le pied à tous les « mee too » qui viennent inéluctablement les concurrencer…? Contenir cette adversité en devenant plus abordable suffirait probablement. Un petit différentiel de coût par rapport à un équipement de marque n’aurait qu’un faible impact. Dans le cas présent, le concurrent s’affiche approximativement au quart du prix de l’original. Qui pourrait résister…?

* Qui a cité Apple en guise d’exemple inversé…? Certes, mais la firme de Cupertino maîtrise son matériel et l’écosystème soft au cœur duquel il évolue. Difficile à reproduire dans le domaine culinaire.

Source DVSM

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