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Lionel Baraban, directeur général de Famoco : ‘’Notre terminal est ultraflexible, ultrasimple et ultrasécurisé’’

Hormis sur Internet, le paiement sans contact est encore peu utilisé mais les observateurs constatent une montée en puissance impressionnante : selon le cabinet Galitt, on a dénombré en France 22 millions de tels paiements rien que le mois de septembre dernier. C’est à la fois beaucoup et peu. Le paiement sans contact ne représente que 3% des paiements effectués par carte bancaire, mais déjà 30% des paiements inférieurs à 20 euros. Selon Visa environ 45 millions de cartes de paiement sans contact ont enrichi le porte-monnaie des Français.
Le développement de ce système passe par le déploiement massif des technologies idoines. Lionel Baraban, co-fondateur et directeur général de la société Famoco spécialiste du paiement sans contact affirme que le marché est mur, en France comme partout dans le monde.

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IT Numeric: Depuis au moins une décennie, les industriels et les banques nous parlent du paiement sans contact. Plusieurs tentatives ont même été des échecs cuisants. Pourquoi le marché serait-il plus disposé aujourd’hui qu’hier pour ce mode de paiement.
LB: Parce que les technologies sont là. Prenons le cas de la technologie NFC que tout le monde connait. Pendant longtemps, il s’est agi d’un énorme serpent de mer marketing. Mais depuis quatre ans, la technologie a littéralement explosé. On estime que plus de cinq milliards d’objets sont connectés. Chaque année, nous dénombrons un milliard d’objets supplémentaires émulés par une puce NFC.

Quels sont les usages principaux ?
LB: Dans l’ordre, les cartes de transport type carte Navigo, les badges destinés au contrôle d’accès, les cartes de fidélité, les objets liés à des projets gouvernementaux comme le nouveau passeport européen biométrique ou les nouveaux permis de conduire, et enfin les cartes prépayées. Aujourd’hui nous parlons du paiement sans contact, mais il existe bien d’autres usages pour ces technologies. Je pense aux infirmières qui peuvent envoyer leurs rapports de visite, aux chauffeurs routiers et aux livreurs… Ces usages exigent des réseaux et des terminaux comme celui que nous avons conçu.

Famoco est encore une jeune pousse, pouvez-vous la présenter ?
LB: Au départ nous sommes deux associés, Nicolas Berbigier et moi-même. Nous sommes depuis longtemps impliqués dans des projets liés aux technologies en France, aux USA, en Chine et en Israël. Je peux revendiquer des levées de fonds pour un montant de 40 millions de dollars. Le lecteur de paiement sans contact conçu par Famoco repose sur une technologie intégralement française. Nous avions réalisé en 2013 une première levée de fonds d’un million d’euros, et nous en avons réussi une autre de quatre millions d’euros en juin dernier. La production est réalisée en Chine, mais le design et les applications sont faits à Paris. Le premier terminal opérationnel a été présenté en 2013. Nous en avons vendu 10 000 en 2014. Nous avons quadruplé nos ventes cette année et nous prévoyons de vendre 100 000 unités en 2016. J’ajoute que nous avons obtenu le label Pass FrenchTech, que nous employons 30 personnes et que nous sommes incubés par la BPI ce qui rassure nos partenaires industriels et commerciaux.

Quels sont les atouts de votre terminal ?
LB: Nous avons conçu un lecteur NFC universel,ultra simple, ultra flexible et ultras écurisé. Il s’agit du premier lecteur de cartes sous Android intégralement sécurisé. Il est doté d’un module 3G. Hors application, le terminal est commercialisé à moins de 100 euros en grosse quantité. En affichant des tarifs aussi raisonnables, Famoco prouve sa volonté de massifier le marché. Nos terminaux fonctionnent donc en réseau. Les fonctions et l’administration s’effectuent à distance. Famoco est en train de créer son écosystème. Nous pouvons par exemple développer les applications pour nos clients ou proposer des intégrateurs spécialisés. Famoco dispose de sa plateforme dans le cloud. Nous pouvons ainsi proposer des déploiements performants, sécurisés et bon marché. Par ailleurs, nous avons créé des partenariats avec des fabricants de cartes sans contact comme Gemalto ou Oberthur.

Qui sont vos clients ?
LB: Nous avons réalisé en 2014 un chiffre d’affaires d’1 million d’euros, dont 60% à l’étranger. En France, nous avons notamment contracté avec Orange et Medisys. A l’étranger, nous sommes présents dans 25 pays. Nous avons ouvert des bureaux ou bien nous sommes représentés à Hong Kong, en Belgique, en Inde, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Afrique… Nous avons équipé des sociétés de transport au Kenya et auà Sri Lanka.

Face à vous, vous avez des géants industriels qui disposent de ressources financières, technologiques ou commerciales sans commune mesure avec les vôtres. Apple et Samsung proposent aujourd’hui des solutions de paiement sans contact avec leurs smartphones. Comment une PME peut-elle résister à la puissance de feu de tels compétiteurs ?
LB: C’est vrai que le paiement sans contact est devenu un marché planétaire. Les enjeux sont absolument colossaux, bien au-delà des technologies. Un récent rapport de la Banque Mondiale explique que les performances économiques sont étroitement corrélées à la digitalisation de la masse monétaire en circulation. Un leader mondial comme Apple a toutes les raisons de vouloir s’imposer sur ce marché. Mais si Apple ou Samsung émulent les cartes de paiements peu proposent les réseaux d’acceptances de ces cartes ou TPE. Aujourd’hui, une entreprise qui veut déployer un réseau de paiement sans contact, et donc un réseau d’acceptance de sa carte, est confrontée à quatre grands choix technologiques. Si ces moyens sont colossaux, le client peut faire développer une solution sur mesure avec des terminaux spécifiques. Il peut ensuite recourir à des solutions éprouvées mais incapables de s’adapter à des solutions métier. Troisième option, acquérir un parc de smartphones et développer une application. Problème, les smartphones fiables sont fragiles et surtout ils sont onéreux. On peut les voler, les revendre… Ils servent aussi à téléphoner, à tchatter … Nos terminaux ont l’avantage d’être bon marché et de ne servir que pour les opérations pour lesquelles ils ont été développés. Les risques sont ainsi largement minorés.

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