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Montgallet, la micro s’estompe, les grandes années aussi…

La disparition progressive des boutiques micro de ce quartier parisien marque la fin d’une époque. La faute à qui…?

DVSM, mai 2018 – Ainsi, près des grands arbres, rien jamais ne pousserait…? Faux, archi-faux. Pour la végétation comme pour le commerce des puces. Après une épopée sans précédent axée sur le micro-ordinateur, la rue du 12ème arrondissement de la capitale redevient une rue comme les autres. Ce qui provoque sans surprise une certaine nostalgie chez ses anciens habitués, avec parfois des explications pour le moins approximatives. Certains parleraient-ils d’un temps que les moins de 20 ans n’ont pas pu connaître…?

Dans un magazine consacré à la micro, un lecteur tenait ainsi pour responsable de cette érosion l’attitude très modérément accueillante des vendeurs de ces boutiques. Certes, ces derniers n’étaient pas tous des modèles sur ce plan, mais la disponibilité des produits (qu’ils connaissaient à la perfection) et leurs prix faisaient assez bien passer ce détail. Toutefois, si désormais, la rue Mongallet et son quartier se dépeuplent en magasins d’informatique, l’humeur des vendeurs n’y est strictement pour rien. Lorsqu’au cours des années 80-90, l’ordinateur est devenu la coqueluche de bien des consommateurs, il était bien plus intéressant de se constituer des configurations à la mesure des attentes de chaque utilisateur que d’avoir recours à l’offre standardisée de la distribution non spécialiste. Mais, comme d’ailleurs notre rédaction l’avait pressenti (sans boule de cristal, mais selon une logique pure) l’ordinateur est doucement devenu un équipement conçu et produit de manière industrielle, notamment sous forme portable.

Finies les « configues » à façon, et les exploits d’amateurs comme « l’over-clocking » et autres améliorations ou customisations. En outre, la distribution grand public, qui a plus que tardé à venir à la micro (vendre des wagons de TV et de magnétoscopes à fort « coef » lui suffisait), a finalement et progressivement proposé (et le fait encore aujourd’hui) des gammes larges.

En outre, il s’est produit à Paris un phénomène commercial assez rare en France* (moins dans d’autres pays) consistant à voir se regrouper dans un seul quartier des quantités de points de vente tous axés sur la même spécialité. Le catalyseur avait un nom, Surcouf. Initialement, Olivier Dewavrin, le fondateur (qui avait créé dans les années 70 l’enseigne King Musique spécialisée en hi-fi) avait installé ce magasin unique en son genre spécialisé micro avenue Philippe Auguste, laquelle aboutit à la place de la Nation. Et déjà, des points de ventes micro s’étaient installés dans la zone d’effervescence créée par cet établissement. La plupart ont suivi et d’autres se sont installés lorsque le magasin a été transféré avenue Daumesnil (entre la place de la Bastille et la gare de Lyon).

Tous autour de la locomotive… Puis Surcouf a été vendu à la FNAC. Malheureusement, les responsables de « l’agitateur » n’avaient pour le moins rien compris à ce concept de surspécialisation. Ils ont voulu organiser, rationaliser, en faire un point de vente du genre GSS. Ils en ont fait un cadavre. La locomotive ayant disparu, le marché ayant été banalisé, et de surcroît, le e-commerce, nouveau venu, s’avérant efficace dans ce domaine, les maillons du chapelet de la rue Montgallet et de ses alentours n’ont plus qu’un intérêt limité. Et ceux qui subsistent, pour ne pas sombrer, doivent non seulement trouver des axes d’offres pertinents pour les années présentes, et si possible, cultiver l’art et la manière d’accueillir plus que chaleureusement les chalands.

* Regroupements rares mais pas uniques, comme le meuble faubourg Saint-Antoine, les trains miniatures autour de la gare Saint-Lazare, les bijoutiers place Vendôme, etc.

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