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Montres connectées, une entrée ratée dans le domaine du luxe…

Concurrencer les grands noms de l’horlogerie la plus noble n’est pas une tâche à la portée de n’importe quel innovateur.

 DVSM, 30 mai 2019 – Si l’on en juge par la présence publicitaire des plus prestigieux logos de la montre de luxe, l’irruption des versions numériques et connectées n’a pas fait pschitt, mais presque au royaume du nec plus ultra. Logique. L’univers du hors de prix et du prix de l’or ne se connecte pas au monde de tout le monde. Si l’instrument numérique capable de faire bien plus que de donner l’heure se place comme un complément du smartphone, il n’y a aucune raison pour que son statut soit moins populaire que celui du téléphone connecté, son plus proche cousin.

La montre de luxe a une autre vocation. Au premier rang de ses missions, elle est là pour être vue. Le poignet de celui ou de celle qui la porte s’en trouve tout anobli. M’avez-vous bien vu…? On se revoit à Gstaad ou à Palm Springs…? Pour le long terme, cette même tocante est un refuge. Bien mieux que l’assurance vie. Outre que portée avec des manches longues, les pros de Bercy ont du mal à l’apercevoir, son propriétaire attend d’elle au minimum un maintien de sa valeur sonnante et trébuchante. Et même, si possible, de voir son estimation prendre un peu d’embonpoint au fil des années, des décennies, des législatures, des générations. Exactement l’opposé de l’évolution de sa descendante numérique. Lancée comme une nouveauté à la pointe de la technique et au top des aptitudes, celle que des puces animent se banalise au gré des semaines, pour se retrouver déjà beaucoup moins pimpante dès qu’une nouvelle génération vient lui succéder, dans l’effervescence d’un back-to-school ou de l’heure d’Halloween. Et de fil (du temps) en aiguille (trotteuse), elle se vautre en quelques saisons dans le marécage des objets techniques dépassés, même plus exploitable si jamais son OS se voit remplacer par un autre. Presque une denrée périssable.

Ainsi, sans être condamnée, elle s’inscrit dans le sillage de tous les équipements électroniques, chaque jour plus performants et moins coûteux. La montre connectée vit donc sa vie presque monotone, avec des arguments qui ne sont pas tous aussi motivants qu’on le croit. La perspective de colmater l’infarctus reste un atout vendeur aux charmes limités. Qui plus est, elle est concurrencée par une famille assez proche, largement disponible et pour pas cher dans les rayons des spécialistes du sport, avec des applications (cardio, suivis d’itinéraires et systèmes d’orientation connus depuis longtemps). Ce joujou peut encore espérer un avenir porteur, et du reste, après une année 2018 que les analystes jugent bonne, les résultats du début de 2019 semblent encore plus radiaux, toutes proportions gardées. Mais encore faudrait-il que ses applications deviennent plus évidentes et motivantes. Il faut cependant reconnaître que ses créateurs, californiens, coréens ou autres ne se sont jamais trompés sur cette réalité populiste, qui n’avait trompé que des commentateurs mal informés.

Après des passages un peu délicats, que les grandes manifestations sur le sol helvétique avaient supporté non sans quelques turbulences, le sort de la montre façon bijou prestigieux reste ce qu’il a été et sera encore longtemps. Elle a une histoire à raconter, quand la frangine numérique ne propose qu’un manuel d’utilisation à ingurgiter pour en profiter pleinement. Comme pour les rillettes, tout est une question de valeurs…

Source DVSM

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