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Montres connectées,fin de saison 2018 ou l’heure de vérité…

Le défi de la montre connectée diffère fondamentalement de celui des autres innovations numériques.

Son handicap, n’être ni du domaine du luxe, ni de celui des usages incontournables.

 DVSM, octobre 2018. Il est clair que la montre connectée n’a pas changé grand-chose à l’univers de l’horlogerie de poignet. L’automne et la saison des fêtes, après le lancement de quelques modèles vedettes, dont la nouvelle version d’Apple, s’annonce comme un nouveau test sur un segment qui, en dépit de quelques succès, n’a pas encore réussi à totalement convaincre.

Était-ce une bonne idée que de vouloir glisser un puissant ordinateur au poignet de chaque individu…? Une fois encore, nous voici face à une conception technologique audacieuse, à la limite de la prouesse, mais dont la finalité reste moyennement perçue. Oublions la fonction horlogère. Donner l’heure, éventuellement avec la date, le jour et d’autres indicateurs, se fait depuis fort longtemps (plusieurs siècles), sans le secours de la moindre électronique. Mais lorsqu’un usage n’est pas perçu avec force par le public, celui-ci se contente d’admirer l’exercice, sans pour autant l’adopter. C’est ce qui a fait s’échouer sur les récifs de la vente trop modeste les assistants personnels, les cadres photo, les téléviseurs 3D et les écrans incurvés (entre autres exemples).

Oui, mais il y a la forme et la santé…! Bonne observation, à ceci près que, même armé d’une montre très performante, l’individu n’a en général pas les connaissances médicales susceptibles de lui faire prendre des décisions pertinentes. Quant aux fonctions des cardiofréquencemètres intégrés, de nombreux amateurs de sport et d’activité physique en sont déjà dotés, ne serait-ce qu’avec des bracelets qui remplissent fort bien leur mission. Pire, si tout le monde est attentif à sa forme, l’évocation d’une surveillance médicale est aussi, pour beaucoup, un repoussoir. Avoir un instrument au poignet capable d’émettre une alerte s’il estime que le sujet risque un infarctus ou un AVC pourrait surtout un peu plus surcharger encore les urgences des hôpitaux.

Pas davantage d’achat social. En évoquant la montre, la notion de luxe n’est jamais très loin. Cependant, si les tarifs élevés des produits proposés aujourd’hui peuvent faire songer à ce marché bien spécifique, la montre connectée n’est pas dans ce registre. Elle fait bien plus saliver les technophiles que les amateurs de produits de luxe qui, rappelons-le, sont avant tout les instruments du paraître. Une montre de luxe aura pour la nuit des temps (en principe) un atout majeur, avec sa valeur qui se maintiendra, ou sera même magnifiée avec le temps.

La montre connectée, si son succès se confirme, et que les volumes de production industrielle se développent, deviendra de moins en moins onéreuse. Elle pourrait même subir le sort des premières montres électroniques à affichage numérique des années 70, d’abord horriblement chères, et tombant en quelques années à des valeurs proches des pâquerettes. L’heure de la montre sauce « smart » a-t-elle sonné…? Rien ne le démontre pour l’instant. Doit-on déjà lui coller cette vieille boutade, « c’est un produit d’avenir et qui le restera »…?

Source DVSM

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