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Musique, l’analogique reste l’essence technique fondamentale de toute reproduction.

Presque 40 ans après la naissance du CD, l’analogique non seulement n’est pas mort, mais il revit même d’une nouvelle jeunesse. Ce qui, d’un point de vue strictement physique et technique, s’explique.

DVSM, 13 mai 2020. C’est l’histoire d’une technique jugée dépassée et qui, pourtant ne voulait pas mourir.* On aurait bien cru que, navigant toutes voiles dehors, le « digital » aurait définitivement fait oublier les techniques d’hier, alors que son premier demi-siècle est déjà en vue. S’il y a une erreur à ne surtout pas commettre, c’est bien celle consistant à croire que les adeptes du microsillon seraient la transposition musicale des attachements affectueux aux beaux véhicules anciens des collectionneurs. Rien de commun. La passion pour des Jaguar E, certes légendaires et puissantes, mais à la tenue de route pour funambules et qui freinent dès que possible, celle pour des cabriolets qui, en 250 km cheveux au vent, vous mettent fin prêts pour une indispensable douche avec solide shampoing dégraissant et démêlant, celle pour des berlines aux directions développant toutes musculations, chauffages modestes ou absents, bref, ces passions pour un –quand même- merveilleux passé sont à la fois des vécus nostalgiques, des hommages à des pionniers techniciens et des stylistes virtuoses. Tout penchant de ce genre vaut bien quelques heures de conduite trop près d’un volant immense ou aux ordres d’un V8 plus gourmand que les intervenants les plus extrémistes de Bercy.

Le son analogique ne vit que par un authentique plaisir d’écoute, qui provient tout simplement de la réalité analogiquement prélevée du monde qui nous entoure. Monde qui commence par l’oreille, que personne n’a encore digitalisée. Cet instrument physiologique est au cœur d’un univers fait de millions de paramètres, tous interactifs, eux aussi, non numérisables. C’est une partie de cet environnement qui est prélevé lors d’un enregistrement analogique, puis restituée. Alors que la numérisation, même en Hi-Res, n’est en rien une restitution, mais la création d’une suite d’ondes sonores générées à partir d’éléments ayant été synthétisés en « mots » d’impulsions. Certes, la quantité d’informations permettant de récréer une musique avec les techniques les plus performantes d’aujourd’hui a permis d’améliorer considérablement cette reproduction numérique. Elle aussi atteint des performances spectaculaires. Et pourtant, les différences subsistent, et sont perceptibles même par des individus n’ayant aucune connaissance technique particulière, mais ayant une simple habitude d’écoute.

En outre, le disque analogique, en dépit de ses épouvantables défauts (stéréo -diaphonie- plutôt pauvre, sensibilité catastrophique aux agents extérieurs, rayures, poussières, etc.) a malgré cela permis d’atteindre des niveaux de qualité sonore qui restent ce qu’il sont. On a souvent tendance à estimer que le son est plus commode à reproduire que l’image. Ce qui est en partie faux, car l’ouïe place l’individu au cœur d’un environnement perceptible d’une manière totalement omnidirectionnelle (par opposition aux limites d’un champ de vision, et aux capacités d’adaptation -accommodation- de l’œil) et avec des seuils de perception bien plus subtils que les limites de discrimination de l’œil, infranchissables (ce qui explique que de nombreux non-voyants parviennent à se mouvoir, se situer et agir par rapport à un environnement qu’ils « sentent » de manière auditive exclusivement). Le son analogique n’est donc pas une antiquité pour collectionneurs, mais une réalité techniquement tangible, qu’il serait bien dommage de cataloguer dans des loisirs seulement pour originaux passéistes. Au terme de cette rapide réflexion, va-ton aller jusqu’à se demander si le son analogique est meilleur ou moins bon que le son numérique (et Hi-Res) ? La bonne réponse (argumentaire en rayon) peut s’exprimer ainsi : le son analogique est « plus vrai ».

* Article lu sur KELEREPUS, la facette loisirs techniques de DVSM.

Source DVSM

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