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Nostalgies berlinoises. Derniers instants pour les charmes de Tegel, l’aéroport de l’IFA.

Berlin, avec l’IFA, reste un rendez-vous pas comme les autres sur au moins un point : comment y aller et en revenir. Non sans rapport avec l’épidémie, une ultime étape va s’inscrire dans cette petite facette de l’histoire, en dérive directe de la grande.

DVSM, 8 juin 2020. Parce que la capitale allemande a eu un itinéraire bien spécifique, le report de quelques mois de la fermeture de l’aéroport de Berlin-Tegel qui vient d’être décidé prend l’aspect d’un petit mais mémorable épisode. C’est le « encore une fois » d’une longue aventure apte à devenir un vrai roman. Créée au milieu des années 1920 (1924), la foire de la radio, ou Funkausstellung, aura vu et vécu des moments indissociables des éprouvantes convulsions du 20ème siècle comme du développement de ses techniques las plus avancées.

Le salon de Berlin en 1924.

Ce salon fut le lieu de présentation des premiers enregistreurs magnétiques (1935), concrétisant les apparitions un an plus tôt des premières bandes magnétiques. Il a aussi servi de décor aux prémices de la télévision européenne, et des initiatives de propagande du Reich, sous la baguette d’un certain Joseph Gobbels, patron du « marketing » du régime nazi.

Au moment des premières éditions de ce rendez-vous, avait aussi été construit (en 1923) l’aéroport de Berlin-Tempelhof. Tegel fut édifié plus tard, et en hâte aux premières heures suivant la seconde guerre mondiale(1948), avec à cette époque l’une des plus longues pistes alors existantes, avec pour ambition de pouvoir alimenter la métropole divisée par la volonté du bloc de l’Est.

Berlin, aéroport Tempelhof, construit en 1923, fermé en 2008.

Les choses évoluèrent sensiblement quand, en 1962, fut construit le mur séparant soviétiquement (synonyme ici de « hermétiquement ») les secteurs Est et Ouest de la ville. Côté salon, l’électronique dû se partager entre des lieux d’accueils libres, la hi-fi s’installant durant plusieurs années à Dusseldorf.

Les visiteurs de l’IFA d’il y a 30 ans et au-delà et venant de notre sol se rappellent encore du long périple qu’imposait le trajet aérien. Via un couloir n’autorisant que quatre compagnies aériennes occidentales à rejoindre, la destination était atteinte à vitesse et altitude réduites, le plus souvent avec escale dans une ville intermédiaire, dont… Düsseldorf notamment. Durant les années 90, et alors que Tegel était finalement devenu l’aéroport international de la ville, particulièrement encombré, quelques privilégiés pouvaient encore se simplifier le déplacement en optant pour des avions privés, capables d’atterrir sur les pistes courtes de Tempelhof, aéroport devenu inadapté au trafic moderne. (Tempelhof fut fermé le 30 octobre 2008, au grand désespoir de nombreux passionnés, navrés de voir disparaître un lieu légendaire du transport aérien, et théâtre du pont aérien qui desservit Berlin Ouest aux moments les plus fiévreux du cloisonnement).

Aéroport Berlin- Schönefeld : les « low-cost » arrivent…

Mais dès le début des années 2000, changement de décor. Les low-cost viennent de surgir dans le ciel. Les visiteurs français se rencontrant dans les allées de l’IFA vont rapidement passer d’une première interrogation étonnée : « Vous êtes venus avec Easyjet !? » (sont-elles fiables, avec des tarifs aussi réduits, ces aériennes à bas coût ?) à une seconde question tout aussi étonnée : « Vous êtes venus avec Air France…!? » (à quoi bon payer si cher pour le même trajet, dans le même temps et dans des avions similaires ?).

A Schönefeld (à l’Est de Berlin), là où se posaient les aéronefs d’Easyjet et de quelques autres de plus en plus nombreux, une aérogare pour les compagnies à coûts réduits fut construite avant 2010. Alors que déjà, prenait corps la perspective d’un nouvel aéroport international pour Berlin, en projet avancé, destiné à se substituer à Tegel. En dépit de sa légendaire rigueur, l’Allemagne parvient quand même de temps en temps à patauger et galérer dans des soucis obscurs. Le remplacement de Tegel a ainsi été maintes fois différé, car le projet de la nouvelle base s’était enlisé dans de nombreux problèmes et menus scandales. Finalement, ce nouvel aéroport de Berlin Brandenburg (établi sur pratiquement la même zone géographique que celui de Schönefeld), enfin achevé, aurait dû, sans l’intervention inattendue du coronavirus, être mis en service dans les semaines à venir, et Tegel définitivement fermé. Fermeture qui n’interviendra qu’au mois de novembre, donnant ainsi aux rares visiteurs de l’IFA 2020 la possibilité, une dernière fois, de s’imprégner des charmes de cette aérogare exiguë où tant se souvenirs d’arrivées et de départs resteront gravés dans les mémoires.

Source DVSM

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