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Numérique et pollution: encore des données échafaudées en épouvantails…!

La diffusion d’informations inquiétantes ou alarmistes est devenue un phénomène quotidien. Pour le bonheur de qui…?

DVSM, 22 octobre 2019. « On mélange un peu tout, on touille et ça fait peur…! » Cette description des pratiques coutumières de certains lobbyistes et groupements dits « d’experts », dérobée à un auteur qui se reconnaîtra, est-elle d’actualité à propos de l’info multi-diffusée hier sur une grande chaîne de radio nationale…? A chacun de se faire son idée. S’appuyant sur une étude menée par ce « lieu de réflexion » qu’est « Green IT », l’information est tombée et retombée sur les ondes avec quelques repères propres à soulever les émotions. Fondamentalement, l’activité des technologies de l’information (IT), plus simplement résumée par « le numérique », a une empreinte sur la planète. Comme toute activité du genre humain, supprimer celui-ci étant au bout du compte la seule parade réellement efficace et définitive du problème.

Dans le « on mélange tout », survient cet étrange parallèle par lequel il est souligné que cette activité est au niveau mondial aussi polluante que… le parc automobile français. Lequel participe pour 4% (ou 5% selon les diffusions) à la pollution globale. Au passage, les tenants du monde de l’automobile auront le loisir de s’étonner: pourquoi nous mettre en cause sans cesse, pour des résultats qui ne mèneraient à pas grand chose, même en arrêtant la totalité de ce parc…? Tandis que les intervenants du numérique pourraient rétorquer « vous voyez, ce n’est pas si terrible…!« . D’ailleurs, est-ce réellement… si terrible…?

La même étude souligne que le numérique participe pour 2% aux émissions de gaz à effet de serre. « Seulement…! » se réjouiront les acteurs de cet univers du digital. Pas sûr que les volcans soient aussi éco-responsables…! On imagine ce que la suppression de la moitié de ces émissions aurait comme effet positif très relatif sur ces générateurs de chaleurs indésirables…! Et bien entendu, le chapitre, qui n’est pas faux, des déchets difficiles à recycler n’est pas occulté. Alors qu’il mériterait certainement une meilleure mise en exergue…

Voilà de quoi alimenter les activités de tous ceux qui, sans vergogne, vivent grassement d’un certaine trouillocratie qui envahit la planète. Lesquels sont, des états aux tirelires épuisées jusqu’aux magouilleurs de tout poil, bien plus nombreux qu’on l’imagine. Voilà un sujet accrocheur (n’allons pas jusqu’à dire « racoleur »), qui se limitera à une éphémère montée d’adrénaline chez les auditeurs, et dont il est dommage que la diffusion n’ait pas été enrichie d’une énumération, même très partielle, des acquis de ce même numérique, y compris en répercussions planétaires.

Pourtant, ces IT ont notamment dans d’immenses proportions diminué le volume du courrier physique*, qui suppose du papier, et des transports multiples par route, fer, avion… Ces IT ont aussi réduit le nombre de voyages intercontinentaux liés aux échanges commerciaux. Par exemple, les acheteurs de centrales européennes ou américaines (entre autres de la distribution) vont un peu moins en Asie, en Inde, en Amérique latine, depuis que bon nombre d’offres, de demandes et de négociations sont facilitées par les échanges en ligne. Ces IT ont encore, grâce à la téléphonie mobile, considérablement réduit l’ampleur de la téléphonie traditionnelle, avec ses coûts d’infrastructures -installation et maintenance- sans oublier les millions de tonnes de cuivre économisées -extraction, transports, industrialisation-. La liste des bénéfices de ce numérique pourrait être prolongée à l’infini, depuis de grands apports majeurs jusqu’à des progrès infinitésimaux et pourtant porteurs des progrès les plus significatifs de notre époque (songeons seulement à l’impact du numérique dans les activités médicales).

En outre, un petit amalgame occulte dans la progression du numérique l’effet de la croissance de la population mondiale** et de la proportion de cette dernière passant du sous-développement à une vie meilleure. Bref, cette vision paraît moins constructive qu’elle aurait pu l’être, et c’est doublement dommage, car par ailleurs, ce Green-IT dénonce des effets fort négatifs de certaines stratégies, comme la fin du support de Windows-7 dans moins de 3 mois***, alors que cet OS anime encore 35% du parc des ordinateurs. (Nous y reviendrons). Voltaire affirmait que « le mensonge naît des vérités dont on abuse ». Aujourd’hui, peut-être étendrait-il son propos à la prolifération des fake news…

Source DVSM

* Tout en amplifiant les liens familiaux et sociaux, un Face Time étant tout de même mieux qu’une carte postale.
** Rappelons qu’entre 2001 et 2016, un demi-milliard de nouveaux venus sur terre ont té dénombrés.
*** 14 janvier 2020.

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