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Numérique, les durées de vie des équipements et des softs sont-elles trop courtes…?

Les progrès techniques vont vite. Trop peut-être pour ne pas entraîner des coûts exagérés mal vécus par les utilisateurs, et bien d’autres inconvénients. L’arrivée de la 5G pourrait amplifier cet inconfort.

DVSM, 14 mars 2021. Les smartphones compatibles 5G ont entamé avec vigueur leur carrière. Youpi, s’exclameront certains, tout doux rétorqueront les autres. Avec plus d’un million de pièces vendues en fin d’année 2020 en France, le pli est pris et ressemble, dans les grandes lignes, à ce qui s’observe au-delà des frontières. Les professionnels, industriels et acteurs de la distribution, sans oublier les opérateurs, ne vont pas manquer de se réjouir. Les consommateurs peut-être moins. Car comme dans bien des circonstances, le matériel a tendance à subir ce qui peut vite être interprété comme relevant de cette obsolescence programmée. Ceci allant bien au-delà du seul domaine des ordinateurs et des smartphones. Mobiles, audio, vidéo, TV, produits et systèmes de sauvegarde, tout ou presque, à bien des occasions, a fait de cette farandole technique une source de préoccupations chez les utilisateurs. Ne nous y trompons pas, cette constante est perçue comme quasi synonyme de méthode volontairement créée pour accélérer les nécessités de renouvellement*. Le coût et la responsabilité d’un gaspillage inutile entraînent une suspicion peu valorisante pour les fabricants et ceux qui diffusent leurs produits.

Pourtant, les évolutions à l’origine de cette transformation rapide et constante sont indissociables de progrès purement techniques autorisant des fonctions plus lourdes, des échanges plus rapides, des usages plus ambitieux. Difficile d’y renoncer, ou même d’en ralentir le rythme. D’autant plus qu’ils sont aussi l’arme de la concurrence entre acteurs du marché. Ces initiatives industrielles qui demandent des efforts de développement importants débouchent-elles sur des attentes réelles des utilisateurs…? Pas si sûr. L’histoire de ces dernières décennies montre que les évolutions physiques des écrans n’ont jamais été aussi efficaces pour stimuler les ventes que l’apport de plus de contenus, ou de programmes plus captivants. A l’exception des écrans plats, après que le format 16/9 ait plus ou moins végété durant plusieurs années, faute de programmes lui étant destinés. Même l’écran plat, qui a connu un succès considérable, s’est appuyé sur une évolution à épisodes successifs (télévision numérique, haute définition…) pour éradiquer du parc les versions cathodiques. Ce qui ressemble aussi à l’effet d’une obsolescence voulue.

Mais il n’y a pas que les coûts engendrés qui agacent. Les changements de génération s’accompagnent de changements des systèmes d’exploitation. En filigrane, se dissimulent des manœuvres de mises à jour pour des identifiants, des mots de passe, imposés alors que ces opérations sont déjà une hantise pour de nombreux profanes. « Malgré tout, les utilisateurs peuvent continuer à exploiter leurs appareils avec les OS précédents » entend-on rétorqué, ce qui est partiellement faux. Sur smartphones ou tablettes, par exemple, des applications qui se mettent à jour peuvent se révéler inopérantes sur des versions de systèmes encore relativement récentes. Et si les fabricants d’équipements techniques sont désormais tenus d’indiquer dans quel délai un consommateur est sûr de trouver des pièces de rechange en cas de panne, rien n’est dit sur les délais de « support » des logiciels, en relation avec les usages dont les propriétaires se servent. Les automobiles ont un âge moyen en France de près de 12 ans. Quel système numérique peut encore, 12 ans après son acquisition, permettre un usage serein…?

* Ce qui n’est pas faux. L’industrie du téléviseur, par exemple, n’hésitait pas à mettre en avant tel un argument la perspective d’un renouvellement de l’intégralité du parc installé, pour les étapes de la TNT, puis de la HD, et de la très haute définition.

Source DVSM

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