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Objets connectés, n’en parlerait-on pas plus que l’on en vend…?

Supposée être le relais de croissance attendu par tous, la vague de ces objets tarde à le devenir pour le chiffre. 

DVSM, mars 2019. Il y a les objets, et la connexion. De cette réalité évolutive à double facette naît une difficulté dans les évaluations des statisticiens et de bon nombre de professionnels. « Si j’avais un marteau, et qu’il soit connecté…« , (aurait pu chanter quelque star yéyé) serait-il à ranger dans le rayon des objets connectés, ou dans le linéaire où sont exposés les marteaux…? Cela ressemble à une plaisanterie, mais n’en est pas une. Notamment pour les forces de vente dans les points de vente (dont les émoluments sont historiquement et solidement rattachés à leur secteur, et surtout pas à celui des autres). Ce souci lié aux classifications n’est pas nouveau, au moins pour les lecteurs de DVSM, qui se souviennent que nous avions déjà évoqué ce même sujet il y a plusieurs années, en nous replaçant au cœur des années 50, qui ont vu naître la guitare électrique. Celle-ci devait-elle prendre place au rayon des instruments de musique, ou au cœur de celui consacré à l’électricité…?

Sur près de 20 milliards générés en CA distribution, sur notre sol, en 2018, les objets connectés n’ont permis d’engranger que 1,1 milliard de recettes. Le quart de l’EGP classique, 7 fois moins que les smartphones. GfK réunit dans ce total deux familles, celle du « smart home » (maison intelligente), qui progresse le plus (+35%) et les « wearables » (avec notamment trackers, montres et bracelets) qui, à 351 millions d’euros, ne dépasse pas 10% de progression. L’analyste d’outre-Rhin connu pour ses panels de distribution met d’ailleurs le doigt là « où ça fait mal » en constatant à propos de « ces wearables pâtissent peut-être du manque d’usages singuliers identifiés par les consommateurs et d’innovation de rupture ». Il serait sans doute encore plus pertinent de légèrement changer la formule et d’évoquer « un manque singulier d’usages etc. » Comprenons, usage réellement bien compris et réellement utiles…

Tous les pilotes le savent, c’est au décollage que le taux de montée est le plus élevé. Quand l’aéronef passe de 10 à 20 mètres d’altitude, sa montée est de 100%. La même grimpette à 8.000 mètres se perd déjà dans l’épaisseur du trait. C’est un peu ce même phénomène qui est traduit par les 35% de progression du segment smart home. Attention de plus, aux erreurs d’additions. Car, comme pour la guitare électrique, le courant numérique s’infiltre dans des rubriques qui se mélangent onctueusement (le paneliste déjà cité le soulignant par une discrète mention « objets connectés, regroupement cross-catégories »). Ainsi, c’est dans l’électroménager que la progression du « smart home » est la plus sensible. Au bout du bout, les objets connectés, sans même prendre en compte cette réalité de mélange entre familles de produits, ne représentent finalement que 5,6% de ce qui entre dans les caisses pour l’ensemble des segments de l’électronique et du numérique. Tout ça pour ça…!

Source DVSM

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