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Photographie, crépuscule ou pas pour l’industrie des appareils de prise de vue…?

Le Salon de la Photo de Paris a été l’occasion d’analyses et même de l’énoncé de questions cruciales pour une activité qui tient bon mais qui, aussi, inquiète…

 DVSM, 12 novembre 2019. « L’industrie des appareils photo survivra-t-elle…? » Sans détour, c’est bien la question que bon nombre d’observateurs ne posent qu’avec des pincettes. Après avoir été sévèrement frappée par le passage de l’argentique au numérique, qui a fait « des morts »*, comme cela se dit familièrement dans les couloirs de l’industrie, le monde de l’image croyait pouvoir souffler. Mais après une petite décennie de redistribution des cartes, c’est comme chacun le sait l’ouragan des smartphones qui a eu raison d’une part très dominante des productions industrielles. Comme le soulignait, (dans un podcast de la Story des Echos organisé à l’occasion du salon) Jacques Hémon, l’un des meilleurs spécialistes et analystes de l’univers de la photographie, c’est le segment des compacts, le plus populaire, qui a essuyé les plus gros de la tempête, faisant dégringoler dans un rapport de 5 à 1 le nombre d’appareils de tous types vendus dans le monde désormais.

Dans de telles circonstances, il faut savoir se concentrer sur les bonnes questions. Fondamentalement, la photo, la « vraie », non « smartphonisée », a de nombreux adeptes et une clientèle de professionnels qui n’a aucune raison de disparaître. Mais l’interrogation juste n’est pas celle d’une survie ou non de la photo, mais de la proportion d’affaires perdues qu’un groupe industriel peut supporter pour pouvoir quand même se maintenir, ou maintenir une activité…?  C’est probablement une question à laquelle il est difficile de répondre aujourd’hui. Le marché arrive seulement maintenant à une sorte de pallier. D’une part, les ventes et leurs équilibres semblent se stabiliser, alors que du côté des smartphones, c’est un léger mais net repli qui s’est manifesté depuis quelques saisons. D’autre part, les APN semblent trouver un relais si ce n’est de croissance, au moins de consolidation, à travers la vidéo. Tout cela avec quand même quelques inconnues, notamment côté grand public, car les smartphones, dont les performances progressent, sont aussi des outils de plus en plus intéressants en vidéo.

De plus, la prochaine arrivée de la 5G provoque dans l’industrie de ces équipements mobiles une sorte d’élan puissant et généralisé vers des performances très notablement accrues, ce qui se ressent déjà fort concrètement au niveau des industries des composants. Tous les smartphones des saisons prochaines vont par exemple voir leur écrans nettement améliorés, avec des vitesses de rafraîchissement (de l’image) devenant vertigineuses.

De son côté, l’industrie photo redouble aussi d’efforts technologiques. Des appareils d’une véritable nouvelle génération sont apparus, certains étaient même présents ces jours derniers, à la Porte de Versailles. Reste cependant une autre formulation pour ces interrogations, s’appuyant sur un exemple extérieur. L’industrie de l’automobile pourrait-elle subsister si elle était privée de ses très volumiques modèles économiques, petits, plutôt citadins, ne devant plus compter que sur ses hauts de gammes SUV et berlines de prestige…?

* Dont le plus illustre, Kodak, dont la marque est aujourd’hui reprise sous licence par quelques acteurs distributeurs, mais qui a très concrètement disparu.

Source DVSM

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