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Presse écrite en ligne: un « tout ou rien » rebutant avec à la clé des lecteurs perdus…

Peut-on parler de manque d’imagination ? Les journaux et magazines diffusés via le Net vivent assez mal la numérisation. La faute à qui ? Entre la lecture tronquée d’un bout d’article et l’abonnement imposé pour l’année, bien peu de formules…

DVSM, 22 juillet 2020. Le presse écrite va-t-elle se laisser dériver jusqu’à son dernier soupir sans avoir réellement combattu…? Les individus ne changent pas aussi vite que la technologie le suppose. Pour une quantité d’entre eux, l’approche des publications de la presse écrite est associée aux habitudes du kiosque, des rayons de ce marchand de journaux ou des linéaires de presse dans les « maisons » du même nom. Un endroit où regarder les magazines, feuilleter vite fait les quotidiens, permet de faire un choix « éclairé » par l’entremise d’une petite investigation. Une méthode qui avait fait ses preuves, en dépit des quelques dommages liés aux gredins capables de lire des sujets entiers sans rien acheter, ni même ranger ce qui avait été « dérayonné ».

Passant au Net, cette presse, qui veut absolument et très logiquement échapper à une gratuité mortelle, s’est enfermée, non sans un certain panurgisme, à un choix binaire d’une incroyable stupidité. Rappelons-nous : en kiosque, un quidam convaincu par son coup d’œil, par un sujet, par une photo, par une ambiance, un début de lecture rapide, pouvait (peut encore) prendre le périodique choisi, l’acheter et partir avec. Mais via le Net, dans la plupart des cas, au terme d’une lecture d’article tronquée, le seul choix payant qui lui est proposé est l’abonnement…! Comme si, alléché par un menu, le client d’un restaurant ne pouvait s’installer pour déguster le plat du jour qu’à la condition de s’engager à venir déjeuner tous les jours pendant un an…! Cela s’assimilerait d’ailleurs, juridiquement, à une vente forcée parfaitement condamnable.

Pour la presse, la sanction est plus immédiate. Après quelques tentatives, le lecteur s’en va et n’y reviendra plus. Ce d’autant plus que, Internet oblige, la diffusion gratuite* d’informations se propage sans limite par delà les sites et les réseaux. Sauf si elle souhaite poursuivre son destin mortifère, la presse écrite doit se trouver rapidement des armes, comprenez des outils, pour permettre facilement l’achat d’un sujet, d’un numéro entier, sans placer le candidat à la condition de « fidèle lecteur » dans ce choix impossible d’un tout ou rien au long cours. (Il existe des solutions, que les éditeurs devraient adopter d’une manière collective.)

Le défi de cette presse « papier » risque de prendre une dimension encore plus aigüe dans un délai relativement court puisque, comme l’ont démontré les difficultés très provisoirement repoussées de Presstalis, la diffusion physique des périodiques, entre ses impératifs de logistique et le coût lié à ceux-ci, cette présence sur le terrain ne peut que devenir de plus en plus onéreuse. Ce d’autant plus que le nombre de publication et le potentiel de lecteurs sont en repli. La dualité papier + numérique ne peut échapper à l’élaboration de modes d’accès moins binaires et moins archaïques que ceux en vigueur, sous peine d’un destin qui risque d’être vite tronqué. Mais comme le dit ce vieil adage, savoir que l’on va mourir n’évite le trépas à personne. En revanche, l’espérance de vie peut s’étendre plus qu’on ne l’imagine;

* Certes, l’information a un coût. Mais depuis l’avènement de la presse audiovisuelle, la gratuité s’est transformée. En radio comme en télévision, des équipes de journalistes sérieux apportent des informations que des auditeurs ou des spectateurs consomment sans bourse délier, la publicité apportant le financement nécessaire. Plus largement, il y a une grande nuance entre le constat d’une information nécessairement financée, et la source de ce financement. Ce que la presse écrite peut difficilement réfuter en argumentant sur la qualité d’une info à la charge de la pub. Elle-même s’est lourdement financée grâce à des apports publicitaires qui sont devenus indispensables à sa survie, à de très rares exceptions près. A tel point que lorsque l’on dirige des publications « papier », (ce qui fut longtemps le cas pour l’auteur de ces lignes) celles-ci sont d’emblée désignées par le terme « support », y compris par les attachés de presse.

Source DVSM

 

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