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Presse écrite, pour PQR et périodiques, le numérique passe mal. Modes d’accès à réinventer ?

Un malheur n’arrive jamais seul. La crise du virus s’ajoutant aux problèmes du distributeur Presstalis pourrait provoquer une série noire en trois domaines complémentaires et indissociables.

DVSM, 11 juin 2020. Ce sont toujours les poutres les plus fragiles qui craquent les premières. Au risque de provoquer l’effondrement d’un édifice tout entier. Dans ce sujet, l’édifice, c’est la presse classique, les quotidiens, les hebdos, les mensuels. Depuis des années, leur avenir est devenu incertain, face à la concurrence des usages numérisés. Cette adversité se conjugue en termes de rapidité (la diffusion via le Net est instantanée) et de coût (on trouve de l’information à tous les prix, voire gratuite, via la toile). A ce lourd défi, nombreux étaient ceux qui se refusaient à voir le destin du papier tronqué, s’appuyant sur le fait qu’il y aurait toujours des adeptes et même des amoureux du papier, constituant une clientèle fidèle. Cependant, il était hasardeux de ne s’appuyer que sur cet argument, puisque rien, comme DVSM l’a maintes fois souligné, ne pouvait garantir que la manne issue de ces lecteurs « restants » serait suffisante pour conserver à l’activité son équilibre financier.

Dans une transition lente, qui sauvegardait peut-être l’espoir d’une manière exagérée, la seule hantise ne pouvait provenir que d’un accident de parcours. Hélas, il n’y a pas eu un, mais deux incidents. Le premier semble être le virus et le confinement qu’il a entraîné. Fermeture des kiosques et des magasins, presque plus de déplacements des consommateurs, le blocage grave, imprévisible, imparable. Sans oublier bien sûr l’effondrement des budgets publicitaires. Mais parallèlement, et depuis bien plus longtemps, couvait une autre crise, celle de l’un des principaux distributeurs, successeur des anciennes et célèbres NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne), l’entité Presstalis, qui était depuis longtemps déjà dans des soucis vitaux. Il est possible de s’interroger à propos de la gestion de ce réseau. Mais en filigrane, se pose une autre et plus épineuse question.

La distribution de la presse est-elle encore une activité si ce n’est profitable, au moins équilibrable ? Ce lourd et savant maillage et ses contraintes en logistique a été mis à dure épreuve au fil des ans. Comme toutes les autres activités, l’évolution des charges, de la fiscalité, du coût des matières premières ont alourdi la note alors qu’il aurait été préférable de la voir s’alléger. Avec certaines de ses filiales en cessation de paiement, et les fonds recueillis par les ventes en kiosques et points de vente accaparés dans la procédure, et donc non versés aux éditeurs, l’affaire Presstalis, c’est la tuile sur la tuile. De nombreux titres de PQR sont en passe de faire naufrage ou dans des situations extrêmes, exigeant des plans sévères pour atteindre de délicats sauvetages.

Sans taxer qui que ce soit d’imprévoyance, il faut cependant observer que dans l’ensemble, cette activité qu’est la presse écrite* reste souvent attachée à des méthodes de moins en moins pertinentes pour la clientèle. Nombreux sont par exemple les publications pour lesquelles un lecteur ne peut pas lire un article de temps en temps, éventuellement en réglant son dû, et se voit confronté à s’abonner pour tout, ou rien. Et dans ce cas, c’est rien, tant pis pour l’info. La presse classique, dont la survie sur papier est en suspens, doit vite inventer des modes d’accès payants (par exemple du style « à la séance » ou « à l’article ») et imaginer son avenir d’une manière différente, sans se contenter des numérisations à minima. Oui, ok, c’est facile à dire (ici, à écrire…) !

Il n’en reste pas moins que cette étape compliquée ne fait pas des victimes potentielles que dans les rangs de l’édition, journalistes inclus. En amont, comme nous l’avons déjà  souligné, ce sont les métiers techniques, le « labeur », filières du papier, photogravure, composition, impression, brochage… qui voient se réduire comme peau de chagrin, tout comme cette activité de distribution. On pourrait même évoquer le monde de la publicité. Avec moins de magazines, il y a moins de campagnes à diffuser. Cependant, cette famille n’a pas toujours été aussi coopérante qu’on l’imagine à l’égard de la presse papier, et profite en revanche au-delà de toutes les espérances des développements de la « com » en ligne. Le bonheur des uns…

* Dont les éditions « papier » de DVSM (magazine, Lettre, …) ont fait partie avant de se convertir intégralement aux éditions numériques.

Source DVSM

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