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Presse et numérique, les acteurs oubliés d’une transition d’ampleur, et sans retour.

Quand la numérisation de la presse écrite est évoquée, il n’est souvent question que des journalistes, des informations « sauvages » du Net et des facettes éditoriales de ce domaine. Un maillon essentiel n’est-il pas éclipsé sans que personne ne s’en émeuve…?

DVSM, 18 mai 2020. C’est l’interminable feuilleton de Presstalis, spécialiste de la diffusion physique des journaux et magazines, qui passe par la case « dépôt de bilan » (et liquidation) qui impose ce regard sur toute une filière bien plus pénalisée que le monde éditorial dans la migration de la presse vers la dématérialisation. Sans évoquer ici la longue épopée de Presstalis*, rappelons que pour que des publications sur papier soient disponibles dans les kiosques et linéaires de presse, il faut l’intervention d’une logistique complexe et précise. Pas question que le quotidien du matin, que des lecteurs compulsent dans le bus ou le métro en se rendant au travail, n’arrive au point de vente qu’en début d’après-midi… Ni qu’un mensuel daté du 12 ne soit en vente que le 17…! Plusieurs entreprises sont actives sur ce créneau de la distribution des journaux, une activité devenue délicate puisqu’une partie importante de la presse écrite se diffuse à présent sur le Net. Bien entendu, pour que des publications soient confiées à ces distributeurs, il faut qu’elles soient préalablement traitées par ce que l’on appelle globalement l’imprimerie, enchaînement de la photogravure, de l’impression proprement dite, du brochage…

Si le monde au niveau éditorial est perturbé par les évolutions numériques, il reste néanmoins présent et actif. Certes avec des différences, l’une d’elles étant que l’ensemble de la toile fait se mélanger une information sauvage, pas forcément vérifiée, et qu’elle donne accès à de nombreuses sources gratuites (tout individu peut avoir connaissance de l’essentiel de l’actualité, heure par heure, sans bourse délier). Il n’en demeure pas moins que si la facette numérique ne risque en aucun cas de disparaître, les métiers évoqués plus haut vivent en revanche une mésaventure dont l’extrémité pourrait bien se résumer par une disparition pure et simple, non par extinction de la demande, mais parce que cette dernière deviendra exclusivement déficitaire en dessous d’un certain plancher. Un épisode tel que celui du coronavirus, bloquant le public chez lui, avec fermeture des kiosques et magasins, se range parmi ces ruptures d’activités dont il n’est jamais facile de se relever. On aura beaucoup évoqué, durant des semaines, la catastrophe des restaurants et cafés, mais bien peu de celle qui affecte les rouages physiques de la presse, tout aussi douloureuse. Voire davantage, car elle amplifie une transition déjà meurtrière, alors qu’aucun doute ne subsiste quant à la survie post-virus des bonnes tables ou des multiples formes de l’info en ligne.Y.D  

Source DVSM

 

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