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Robots, des engins supposés intelligents, en un ou en tous « genres », oui mais lequel…?

C’est la recherche du genre idéal. Devrait-on on dire un robot, ou « une » robot (ou « robote »…)? 

DVSM, 14 février 2020. Léger, le sujet…? Moins qu’on pourrait le croire. Tout individu se trouve désormais plongé dans un univers où se multiplient les « smart » (intelligent) ceci, les « smart » cela, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée (comme si la réalité normale n’était pas à elle seule déjà assez gigantesque…!). « Alexa dis-moi s’il fait beau, joue-moi la chanson de machin-truc… » Mais mince…! Machin truc, Alexa ne connaît pas… Tout ce qui est smart a donc ses limites…! Et au fait, voire surtout, pourquoi Alexa, et pourquoi pas Alexo, comme il y a Carla ou Carlo, Maria ou Mario…? Autant d’interrogations et de réflexions dont l’évocation fait un peu décousu.

Avant d’aller plus loin, laissons la place à une remarque toute matérielle de technicien. Sont-ils réellement des robots, tous ce petits machins…? Sûrement pas, même en ce qui concerne les « robots » de l’industrie. Tout au plus des automates. Depuis l’épique époque de Robert-Houdin à celle des horlogers merveilleux (fous auraient dit certains), ont œuvré des individus doués au point de savoir créer des mécaniques engrenées reproduisant en trois dimensions les mouvements du système solaire. Depuis, un ingrédient est venu se glisser au service de ces mécaniques. L’électronique, prolongée par les microprocesseurs, des mécaniques dans lesquelles les engrenages sont épaulés par des électrons ! Mais en revanche, point de neurones, point de synapses. La différence entre un automate et un robot se caractériserait, dit-on, par la capacité de ce dernier à réagir à une donnée circonstancielle. 

Toutes les actions ou réactions de nos automatismes dits intelligents ne sont encore que les résultats de méticuleuses programmations. Élaborées par qui…? De quel genre (oui, nous parlons bien des personnes chargées de ces préparations)…? Dans quelles perspectives, conscientes ou pas…? La question à propos du pourquoi Alexa et non Alexo prend à ce stade sinon tout son sel, au moins une dimension différente. Car le marketing n’en a pas été absent. Rien ne se faisant au hasard chez les GAFAS, la seule certitude est que ce choix n’est surtout pas sans raison, ou seulement dicté par des considérations liées à la propriété industrielle (dépôts de marques) ou la facilité de compréhension, voire de traduction, sous de multiples horizons. Ainsi, alors que le robot d’une manière générale est plutôt mâle, l’enceinte intelligente est d’emblée féminine.

Pourtant, loin de s’éclaircir, la probable réponse à cette interrogation se complexifie, car les GAFAS sont surtout originaires de pays anglo-saxons. Or, en langue de Shakespeare, il existe un genre neutre, le « it » entre le « he » (il) et le « she » (elle). Bien plus commode que dans notre langue de Molière, et son côté arbitraire, qui fait préférer la perceuse au perceur, alimenté éventuellement par un accumulateur et non une accumulatrice. Ce choix au doigt mouillé laisse songeur à propos des Alexa et consœurs. Justement, parce qu’en langue de GAFAS, le « it » est disponible, le choix d’un genre a forcément été sur le tapis.

Tout ce remue méninges ne peut que suggérer le passage par de multiples sous-entendus, intégrant les notions de domesticité ou de service, ce qui tend à enfoncer le clou dans un sens plus favorable à l’automate qu’à ce presque copain de robot. Alors qu’un philosophe habitué des discussions TV soulignait la nuance entre l’automate et le robot, établissant pour le premier cette programmation quasi mécanique à l’acquis culturel du second (le robot ne faisant finalement que ce qu’on lui a d’abord appris), cet intervenant cultivé et brillant s’est, d’un geste instinctif, débarrassé d’une probable petite démangeaison furtive sur la tempe droite. N’est-ce pas la véritable intelligence, celle qui fait que le très jeune enfant, non programmé, se serait lui aussi gratté la tempe pour une raison similaire.

Tout comme le chien. Le vrai robot ne serait-il pas celui qui saurait chasser la mouche virevoltant près de l’un de ses capteurs optiques, ne se contentant pas de se mettre en pause en attendant la maintenance…? Dans une prochaine réflexion, il deviendra urgent (enfin, presque…) de s’interroger sur le risque de voir un robot tomber dans un comportement pavlovien, ce que peut le chien, pourtant ni automate, ni robot, et surtout très peu sensible à un large épanouissement culturel, mais malgré cela pas mal intelligent…

Source DVSM

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