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Salon de la photo, Paris 2021 : vers un nouvel automne sans cet événement.

Souvenirs, souvenirs. Reverra-t-on un jour un « vrai » salon de la Photo dans la capitale…? Le virus, mais aussi la situation de « ce qui reste » du secteur industriel et économique de la photo viennent fortement contrarier tout projet à court terme. Et pourtant…

DVSM, 10 août 2021. Bien avant cette période estivale, les dés étaient jetés. Dès le 17 juin dernier, rappelant les raisons sanitaires qui avaient imposé l’annulation du salon en 2020, l’organisateur* de ce rendez-vous de l’image constatait qu’en dépit du repli de l’épidémie enregistré au printemps 2021, rebâtir un moment fort dans de bonnes conditions pour l’automne n’était plus réalisable. Et il tranchait de la sorte et sans détour sur la possibilité de mettre en place une exposition pour la fin de l’année, non sans un message dans le message : « Ce sera malheureusement le cas pour le Salon de la Photo en cette année 2021, car nous souhaitons réunir toutes les conditions d’un lancement réussi du Salon de la Photo réinventé que nous vous promettons. »

« Salon réinventé » est une manière de reconnaître que la formule qui était connue a vécu. Le fond de cette réalité est intégralement expliqué par les chiffres. Selon le très sérieux index CIPA (entreprises du secteur de la photo) que l’industrie japonaise (qui reste la source mondialement dominante) établit depuis des années, de janvier à juin 2011 (il y a 10 ans) les ventes planétaires étaient de l’ordre de 52,3 millions d’appareils. Au cours de cette même période en 2021, ce ne sont qu’un peu moins de 5 millions d’unités qui sont sortis des chaînes de fabrication. Une dégringolade supportée déjà depuis plusieurs années, assez vertigineuse pour avoir terrassé la toute puissante Photokina, qui rencontrait de sérieuses difficultés bien avant l’apparition de la pandémie. On imagine l’ampleur du défi économique qu’une telle révolution impose, notamment aux organisateurs de salons.

Il reste que cette révolution de l’image, provoquée par l’irruption des smartphones, n’a pas faire mourir la prise de vue, bien au contraire. Jamais les individus n’avaient fait autant de clichés. Quant à la photo « pur jus », faite au moyen d’appareils photo et d’optiques, son repli n’est en rien une disparition. Au contraire, elle reste un élément solide, et même quasi indestructible, grâce à son secteur professionnel, et l’armée de ses amateurs éclairés, passionnés capables d’investir lourdement pour des équipements qui, justement, sont en train de vivre un renouveau majeur.

Avec des capteurs d’une génération inédite (pleins formats), des optiques nouvelles qui les accompagnent, et des processeurs d’une puissance qui boucle la panoplie, ce que l’on peut sans hésiter qualifier de seconde époque pour la photo numérique est parmi nous. De quoi espérer voir revenir des événements, à condition de ne plus rejeter dans une sous catégorie ceux qui « clichent » avec des mobiles, et en faisant bien de la « prise de vue » (photo ET vidéo) un domaine à part entière, dans lequel « blogueurs », « vlogueurs », influenceurs et « clicheurs » peuvent se retrouver (et sans doute en comptant moins, voire pas du tout, sur des industriels qui, seuls, peuvent évaluer l’intérêt d’être ou pas participants à de tels grands rendez-vous).

* Comexposium.

Source DVSM

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