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Salto : le paradoxe est-t-il déjà présent dans l’initiative d’un « streaming » à la française…?

C’est parti…! L’aventure Salto commence et bénéficie d’une couverture médiatique correcte. Toutefois, cette première, inscrite surtout dans le suivi d’une mouvance, appelle quelques réflexions allant au-delà de l’univers télévisuel.

DVSM, 20 octobre 2020. Le lancement de la plateforme Salto a quelque chose d’étrange. Propulsée dans un climat où se multiplient ces nouvelles sources* de programmes, elle suscite bien des questions qui se résument en une seule. Face aux géants puissants à statures internationales, parviendra-t-elle à trouver son modèle, son équilibre, ses ressources. Pourtant, cette initiative de quelques chaînes bien de chez nous met aussi en évidence une tendance autodestructrice qui ne se limite pas à la télévision. Tendance  paradoxalement extrêmement peu relevée par les observateurs et commentateurs, dont le regard reste figé sur le laconique résumé choix – tarif.

Salto, initié par des chaînes de « télévision linéaire » tend à attirer des spectateurs hors de cette… télévision classique, en clair, « LA » télé. Certes, le pli des programmes auxquels on accède quand on le souhaite est pris. Le public s’en va de plus en plus hors des sentiers délimités par des programmateurs créant la trame la plus idéale possible entre horaires, pubs et phases de spectacle pur jus (sans oublier les stratégies concurrentielles pour optimiser les audiences). Quelles que soient les motivations, Salto est bien, dans ce sens, une initiative de la télévision qui participe à l’éloignement du spectateur de cette télévision. Choisissez une belle branche, asseyez-vous dessus, puis sciez… et bonne chance…!

Voilà venu le moment où éviter de pouffer s’impose. Surtout pour des professionnels de la distribution qui, après avoir multiplié les efforts, les initiatives, les astuces, les règles élémentaires, les investissements en communication, le tout pour faire venir le plus grand nombre possible de chalands dans leurs espaces de vente, ont imaginé le drive, qui permet au client de ne surtout pas entrer dans les établissements. Mieux, (certains on le droit de dire « pire ») la distribution physique n’a pas trouvé mieux que de se précipiter sur la toile, incitant encore un peu plus les consommateurs à ne plus se rendre en un lieu dédié au commerce. On aurait pu imaginer l’utilisation des sommes ainsi investies pour mieux organiser le commerce physique, le rendre plus attractif, plus souple.

A cette saine orientation, s’est substituée une tendance (panurgisme) d’époque où le commerce physique a du mal à vivre (sans même la contribution d’un quelconque virus) et où, pour conquérir un seul et même client, il faut lui consacrer de l’énergie (et donc de la profitabilité) sur trois axes au lieu d’un seul, physique, drive et ligne. C’est… net, et pour Salto et ses géniteurs, la suite de l’histoire pourrait bien ressembler à ce schéma. Alors que les millions d’euros auraient pu servir à donner plus d’attractivité aux programmes vrais et inédits, à côté desquels les rediffusions, surabondantes dans ce temps réel, agissent chaque instant un peu plus comme des repoussoirs. Organiser une mort lente est un art, que certains maîtrisent de mieux en mieux.

Pour le public au sens le plus large, le « streaming » (anglicisme en général non compris) fait partie de ces moyens d’accéder à des contenus qui se mélangent tous dans une grande nébuleuse où figurent aussi la TV de rattrapage, les vidéos de YouTube, les web TV, la VOD etc…

L’humeur du jour, par Yves Dupré.
Source DVSM

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