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Samsung, les écrans et la forme: sans relâche, à la recherche du pli d’excellence…

La forme physique d’un équipement est-elle synonyme d’innovation utile, ou reste-t-elle dans le domaine des évolutions futiles…? La firme coréenne persiste et signe dans le créneau des smartphones.

 DVSM, 25 mai 2021. Chez Samsung, il semble qu’une obsession soit bien ancrée dans les esprits: en finir avec des écrans restant laconiquement plats. Côté téléviseurs, l’idée des dalles incurvées n’a pas convaincu. Aujourd’hui, c’est plié pour ce qui n’est resté aux yeux de certains rien d’autre qu’une idée tordue. Logique, depuis les premiers pas de la petite lucarne, le rêve universel était d’en arriver à un profil aussi planéiforme que celui d’un tableau accroché au mur. Rubens aurait-il rêvé d’une toile ainsi galbée…? Trop tard pour lui poser la question. Pourtant, cette forme légèrement courbe n’était pas un dada uniquement samsunguien. Dans certaines salles obscures, l’immersion, qui est évoquée à tout bout de champ dans le vocabulaire du numérique, a été créée il y a bien plus d’un demi-siècle avec des formes de toiles en rondeur, comme par exemple au « Cinérama » (ancienne salle de l’Empire à Paris) ou son jumeau à la mode soviétique du Kinopanorama. Et même, de grands écrans légèrement arqués ont aussi vu le jour dans ce que l’on appelait des « salles d’exclusivités ». Et qui n’a pas eu cette joie, au détour d’une fête foraine ou d’une kermesse campagnarde, de se laisser déséquilibrer par un écran semi-sphérique, un peu comme celui de la Géode (toujours dans la capitale à la Cité des Sciences de la Villette), parfois dans un spectacle consommé debout, et projeté avec un objectif du genre « fish-eye » tenu par un bon morceau de sparadrap…?

Il reste que pour Samsung, qui vient de s’exprimer assez longuement sur ce sujet, l’idée est sans doute moins éloignée de la réalité que dans le cas du téléviseur. D’abord, plus question de courber, mais de plier. Selon la firme, le concept du smartphone pliable progresse auprès du public. Elle précise pour rassurer qu’elle est leader de ce segment (où encore fort peu de concurrents se bousculent). Sans revenir sur des soucis techniques rencontrés au premier lancement, l’équipe reconnaît que si elle était persuadée qu’une attente de certains utilisateurs était décelable, la réalisation d’un format répondant à ces attentes n’était pas commode à déterminer. L’expérience des premiers modèles a éclairci les idées. On ne recherche plus ici un effet d’immersion, comme avec la 3D, mais une approche de la manipulation et de l’usage qui risque bien de déboucher sur des variantes.

L’essentiel était de maîtriser le pli et ses pièges en terme de fiabilité, pour l’écran et un mécanisme appelé à répéter ses flexions à l’infini. Il se dégage (au moins) un attrait identifié pour une formule donnant accès à un écran rappelant l’usage d’une tablette, et un autre pour un « device » permettant d’avoir un grand smartphone rectiligne se pliant docilement aux dimensions d’une petite poche ou d’un logement exigu dans un sac… Samsung croit solidement à cette « flexibilité » matérielle, qui pourrait attirer des concurrents (certains observateurs prêtent à Apple le projet de l’adopter pour de futurs iPhone). Ce dont on se réjouit à Séoul. Car un nombre impressionnant de brevets couvrent cette innovation, et il sera sans doute bien difficile de fabriquer du pliable sans avoir à verser quelques royalties à ce groupe sûr de son fait.

Source DVSM

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