Accueil / Actualité / SFR-PRESSE, une nouvelle mouture qui déclenche bien des regrets…

SFR-PRESSE, une nouvelle mouture qui déclenche bien des regrets…

Elle se veut plus moderne, plus riche en fonctionnalités, mais elle abandonne (au moins pour le moment) quelques titres et surtout, une manière simple de lire la presse écrite.

 DVSM, juillet 2018 – « C’était mieux avant…! » En la circonstance, cela est peut-être* vrai. Pour les opérateurs, de télécoms, de services en ligne, etc., l’accès à la presse est un élément très important, comme pour cette presse, très réciproquement. Pour ces opérateurs, la mise en accès d’un choix de journaux et magazines est un vecteur attractif et de fidélisation. Pour la presse « papier », c’est le moyen de retrouver un peu de recettes que le numérique a éparpillé dans la nature. Ainsi, des « bouquets » de publications, à l’image de SFR Presse, ont été lancés, sans que le modèle économique n’ait encore réellement démontré sa validité. Après une première phase qui, selon notre confrère Satellifax, avait une audience de l’ordre de 350.000 lecteurs, l’entreprise de Patrick Drahi vient, sans tambour ni trompette, de mettre en ligne une nouvelle formule que DVSM a essayée (et continue de le faire*). Certes plus belle esthétiquement**, elle pourrait bien avoir assez sérieusement décontenancé ses habitués.

Les magazines n’y apparaissent plus « pleines pages » mais en format moyen, les articles étant seulement lisibles en version texte. De nombreux documents (photos, tableaux, graphiques) et au moins quelques titres*** passent à la trappe. Pour les habitués, ce qui avait été mis en mémoire a disparu, ce qui signifie que chez SFR Presse, un mensuel est supposé se lire en une fois. Vieilles archives, disparues…! Encore merci… Gratuit pour les anciens abonnés (mais avec des tarifs mensuels confortables…!) cette disparition frustre le lecteur comme l’est le convive du restaurant qui voit son assiette lui être retirée alors qu’il n’a encore dégusté qu’une fraction de son plat du jour. Nous avons pris connaissance des impressions de Satellifax et, globalement, nos impressions sont très convergentes, jusqu’à leur laconique et respectueuse demande : « Rendez-nous la version PDF. »

Il reste que ce petit événement, qui peut sembler presque anodin, est bien plus significatif qu’il n’y paraît. Les défis de la presse écrite se sont cruellement modifiés, avec le numérique et Internet, où l’essentiel de l’info (quand la source n’est ni la radio, ni la télévision) est librement accessible pour qui veut bien chercher. Parallèlement, nombreuses sont les personnes qui souhaitent ne plus se limiter à un seul titre, mais faire de véritables revues de presse, française et étrangère. Face au coût des abonnements de base, même en versions numériques (donc sans le papier, sans l’impression, sans la diffusion et l’acheminement jusqu’aux kiosques ou vers les abonnés, sans le coût de la reprise des invendus****), le dépense devient vite rédhibitoire. Mais au fait, pourquoi une formule bizarrement très alambiquée…?

Pourquoi faire simple, quand la complication est à portée de main…? En effet, pourquoi ne pas se résumer à donner accès tout simplement aux versions en ligne que la quasi-totalité des titres sur papier possèdent désormais…? Le fastidieux cheminement vers les articles (hélas pas tous) donne plutôt l’impression de n’avoir accès qu’à des échantillons. Avec un petit surcroît envers les annonceurs qui n’ont droit qu’à une « grande icône » que l’on ne peut agrandir…? Par ailleurs, chacun sait qu’en matière d’application, tout développeur cherche à multiplier les fonctions. Mais est-ce réellement indispensable pour des utilisateurs cherchant seulement à lire les titres qu’ils souhaitent parcourir…? Dans le cas présent, cela va jusqu’à une lecture audio qui met surtout en évidence que le langage écrit et le langage parlé n’ont rien de commun.

* Il est possible que la mise en place de croisière prenne un peu de temps, surtout si, chez Altice, l’idée de prendre en compte les remarques des utilisateurs nourrisse des envies d’adaptations.
** Encore que le propre d’un kiosque ou d’un rayon presse soit de montrer des quantités de titres. Selon nous, la présentation très esthétique est ici bien et trop « clean ».
*** Au chapitre de ce que nous n’avons pas trouvé, entre autres, l’Auto-Journal, Télé 7 Jours, les éditions régionales du Parisien (départements d’Ile-de-France, qui à eux-seuls pourraient justifier la double édition avec « Aujourd’hui en France), pas mal de titres de la PQR.
**** Parole d’éditeur…

Source DVSM

A voir

Ecrans et redevance, au top des explications oiseuses…

L'application du prélèvement pour l'audiovisuel public préfigure une pure et simple fiscalisation de ce prélèvement. Arpagon, Macron, même combat...?