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Le spécialiste du jouet en difficulté outre Atlantique, mais attention aux mots…!…

Le chapitre 11 n’est pas la faillite, c’est même le contraire…

Agaçant, et pour tout dire, insupportable, ces médias qui, par manque d’une culture élémentaire, mettent directement en faillite des entreprises aux prises avec des difficultés dès qu’elles optent pour des mesures de protection. Toys’R’Us, la célèbre enseigne américaine spécialisée dans le jouet, créée en 1948, vient volontairement de se mettre sous la protection que procure le chapitre 11 aux US, et qui ressemble, avec naturellement des nuances, à la déclaration de cessation des paiements en France.

Lorsqu’une entreprise connaît des difficultés, qui peuvent être dues à des facteurs multiples, ses dirigeants ont le devoir (la réglementation prévoit des seuils correspondant à des niveaux de pertes par rapport aux capitaux sociaux) de procéder à cette démarche souvent appelée « dépôt de bilan ». Cette procédure est aussi appropriée quand une entreprise ne peut faire face à ses échéances : règlement des salaires, des cotisations sociales, des dettes aux fournisseurs… Dans ces circonstances, la protection ainsi créée sert notamment à éviter un conflit ouvert avec un seul créancier (au détriment de tous les autres). Le but est de protéger les débiteurs ET l’entreprise en difficulté.

Des « Toys’R’Us en faillite » ont ainsi fait de multiples apparitions dans des chroniques et des dépêches dont les auteurs auraient un mérite non négligeable à se documenter. Car une faillite, c’est autre chose. Là encore, pour faire simple, c’est une étape qui n’intervient qu’après une véritable fin, souvent résumée pour les sociétés ou autres entités (y compris personnelles) par une Liquidation judiciaire (dans le passé, on parlait de LB ou liquidation de biens) et une clôture pour insuffisance d’actif.

Une « faillite » n’est réelle que si elle est déclarée par un jugement (Tribunal de Commerce) qui de ce fait qualifie et si nécessaire sanctionne la gestion faite de l’entreprise. Il peut y avoir des faillites « simples », d’autres frauduleuses, de même que des banqueroutes, voire frauduleuses elles aussi. Il va de soi que l’on ne peut pas rendre fautives des équipes dirigeantes qui n’ont pu corriger les effets de changements de conjoncture, de modifications rapides des marchés.

Pour Toys’R’Us, deux facteurs majeurs se mélangent. D’une part, l’impact de la montée en puissance du commerce en ligne, et d’autre part, l’évolution de la consommation qui, probablement, n’est pas seulement la résultante du numérique, et qui entraîne depuis quelques temps et dans tous les domaines, des fermetures de points de vente et de zones commerciales en quantités colossales aux US. Ce dont, hélas, l’Europe et l’Hexagone ne sont pas à l’abri. Les filiales du spécialiste du jouet hors Amérique du Nord ne sont pas concernées par ce recours au chapitre 11, mais comme les tempêtes, ces ondes de choc peuvent fort bien traverser l’Atlantique et rendre leurs trajectoires plus compliquées.

Source DVSMtoys-2-3

 

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