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Télétravail: de très grandes mutations se confirment, leurs puissants effets aussi.

De la parade ponctuelle aux tentations de le rendre obligatoire, il fait réfléchir. Confirmant nos hypothèses évoquées ici dès le printemps, le reconfinement est en passe d’installer durablement de nouveaux modèles pour l’immobilier, la fiscalité, le droit du travail…

DVSM, 10 novembre 2020. Le recours au télétravail était apparu lors de la première offensive virale comme un moyen ponctuel d’amplifier l’effet des mesures barrières. Néanmoins, dès le début du mois de mai, et alors que la France en était à percevoir une possible sortie d’épidémie, nous avions déjà évoqué la possibilité d’une révolution majeure dans l’immobilier d’entreprise (à relire ici). Perspective peut-être survolée à l’époque d’un œil distrait, l’idée selon laquelle dès la rentrée, tout redeviendrait normal ou presque sur le plan sanitaire étant intensivement partagée. Les choses ont évolué depuis, par le jeu d’une simple prise de conscience.

À bien y réfléchir, était-il pertinent, dans « l’ancien temps », de demander à tant de gens de venir accomplir quotidiennement des tâches que les technologies numériques permettaient soudain de traiter à distance…? Conséquences : des centaines de milliers de mètres carrés à entretenir, chauffer, éclairer, nettoyer… Gaspillages…! Et pour les salariés, des heures de transport fatigantes, contaminantes aux périodes fraîches, pas toujours parfaites en termes de sécurité et de ponctualité évitables… Perspective alléchante…!

Dans le secteur de l’immobilier professionnel, le spectre d’un mouvement irréversible a pourtant, depuis plusieurs, mois projeté son ombre réellement terrifiante. Serait-ce la fin d’un monde…? Plusieurs tours de la zone de Paris la Défense sont déjà occupées par les courants d’air. Non seulement il va être compliqué d’y faire revenir des troupes, mais encore plus de trouver des candidats prêts à investir quelques milliards dans d’autres projets de constructions de cette espèce. Ce grand quartier des affaires, que l’inauguration du CNIT en 1958* n’est pas le seul concerné. De nombreuses grandes et moyennes villes ont créé leurs quartiers ou zones d’activités. Lesquelles alimentent en clientèles des zones commerciales toutes proches. Et qui, si les bureaux sont partiellement désertés, verront ces chalands également se volatiliser, dans la restauration aux heures de déjeuner, dans la distribution aux heures des courses.

Fiscalement, la mutation n’est pas exempte de conséquences. Si la classique taxe professionnelle a disparu, chacun sait que les prélèvements obligatoires de la fiscalité locale subsistent. La France reste la France. Ils sont en général liés à la surface, et donc appelés à correction si celle-ci se réduit. Mais doit-on imaginer une imposition sur une part du logement des travailleurs en ligne, ou au contraire, imaginer des dégrèvements sur, par exemple, la taxe foncière. Côté droit du travail, que devient la durée hebdomadaire du travail…? Si un salarié parvient à remplir sa mission en moins de temps que prévu, il peut très bien rester joignable tout en faisant autre chose, participer au Vendée Globe via Virtual Regatta, ou travailler pour un autre employeur, éventuellement avec un autre ordinateur…

Toute cette évolution est probablement irréversible, son irruption dans un temps contaminé n’étant que le fait catalyseur des transformations à venir sous l’incidence des technologies numériques. Elle ne sera pas à la marge, car d’ores et déjà, plusieurs millions de salariés sont potentiellement « télétravaillables ». Il est possible que ce mouvement soit l’un des grands bouleversements de ce siècle, inattendu d’abord, inévitable désormais. Claude Lelouch a raison, « Les choses ne se passent jamais comme on croit qu’elles se produiront« .

* CNIT ou Centre National des Industries et Techniques, inauguré à l’automne 1958 par Charles de Gaulle, lors de l’ouverture du salon de la machine-outil (!), devenue très populaire au printemps 1959 grâce à une exposition florale (les « Floralies) ayant attiré une foule considérable, alors que l’idée du pavillon de banlieue et de son joli jardin titillait bien des esprits. Ce bâtiment fut le premier élément du quartier nouveau, dominé par de nombreux gratte-ciels, et qui permet, depuis la Grande Arche, de découvrir un panorama unique au monde avec la ligne droite qui se prolonge jusqu’au Louvre, incluant l’avenue de la Grande Armée, la Porte Maillot, l’Arc de Triomphe, les Champs Elysées et les jardins des Tuileries. (Photo)

Source DVSM

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