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Télétravail, les quartiers d’affaires et leurs buildings géants sont déjà sur la défense…!

Le coronavirus a fortement stimulé et consolidé le recours au télétravail. Une évolution dont les facettes durables pourraient faire chanceler d’autres bastions que l’on croyait solides.

DVSM, 13 mai 2020. C’est en plongeant dans l’eau supposée fraîche de la piscine, et après avoir bien hésité, qu’on la trouve bonne, au point de ne plus vouloir en ressortir. Le télétravail va-t-il obéir à cette logique pas très logique ? Il n’est pas nouveau. Il était déjà pratiqué, mais davantage pour des raisons d’opportunités réciproques entre entreprises et collaborateurs. Ce qui n’avait pas pour effet de remettre en question les affinités diverses et complémentaires pour l’érection et l’usage d’édifices grandioses. Pour les architectes, outre les aspects lucratifs des marchés traités, construire grand et haut était la démonstration d’un talent dans l’art de contrôler les forces et équilibres du bâti. Pour les religions, monter haut des flèches de cathédrales revenait à asseoir une suprématie au minimum spirituelle.

Pour de nombreuses entreprises, le prestige d’un gratte-ciel en guise de siège social était une fierté communicante essentielle, une manière de montrer ses muscles, auraient affirmé des observateurs trop terre à terre. Mais soudain, l’obligation du confinement a aussi rendu obligatoire l’usage de ce télétravail, et par conséquent, d’en perfectionner et structurer les instruments. Certes, de nombreux métiers ne peuvent s’inscrire dans cette forme de labeur. On ne coiffe pas les gens, on ne sert par un plat du jour, on ne change pas des plaquettes de freins en télébossant. Mais pour tous les côtés administratifs, gestion, communication, direction, en gros, tout ce qui se fait « au bureau » est téléportable. La preuve, c’est devenu obligatoire, et on y est arrivé.

Bon sang, mais c’est bien sûr, voilà que de ce fait, deviennent moins indispensables, pour ne pas dire clairement non nécessaires, ces milliers de mètres carrés de bureaux qui ont fait la fortune de tout un segment du secteur du bâtiment. Un bonheur n’arrivant jamais seul, qui ne s’est rendu compte qu’avec moins de bureaux, ce sont moins de frais d’éclairage, de climatisation, de ménage, de peintures à rafraîchir, et même moins de taxes locales. Soulagement qui se prolonge sur l’entretien des ascenseurs, sur la sécurité physique, sans négliger des pass Navigo (ou titres de transports) à ne plus avoir à rembourser pour moitié aux salariés, lesquels n’usent plus les bureaux ni les fauteuils ni la moquette, n’ont plus besoin d’une aussi grande fontaine d’eau fraîche, plus besoin d’une machine à café aussi imposante. De quoi sensiblement faire des économies et devenir un peu plus compétitif, même s’il faut quelque peu participer aux frais que les télétravailleurs ont « emportés » chez eux.

Cette découverte qui n’en est pas une séduit au-delà des directions d’entreprises. S’il y a moins de salariés cheminant chaque jour pour venir et repartir sur leur lieu de travail, cela signifie moins de transports en commun, moins de circulation routière, moins de pollution ! Au centre commercial des 4 Temps, à Paris La Défense, cette aubaine est un peu moins appréciée. Car moins de salariés venant sur place chaque jour revient à servir moins de repas dans les restaurants, et avoir moins de chalands dans les rayons des magasins. Preuve qu’un microscopique virus peut provoquer des évolutions colossales là où on ne les attendait pas. Et comme au-delà de l’horizon, il y a aussi un horizon, n’hésitons pas à poser le pied dans un autre futur.

Quitte à travailler de chez soi, pourquoi ne pas le faire depuis une sympathique et économique résidence au Portugal, plutôt qu’en cette banlieue de grande ville dont le seul intérêt était justement d’être proche du bureau…? (Les centres d’appels n’avaient pas attendu la pandémie pour se déporter vers des horizons parfois très exotiques). On estime entre 20 et 30% les emplois qui peuvent être de la sorte convertis au télétravail. Mais des spécialistes affirmaient qu’avec seulement 10 à 15% de circulation en moins (et sans élucubration municipale à la parisienne) suffiraient à éliminer les embouteillages et la surcharge des transports collectifs. Les urbanistes n’ont pas trop dormi ces derniers temps. Révolutionnaire…!

Source DVSM

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