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TOTAL, ajoute « Energies » à son nom, une manœuvre de raison (sociale) dans l’air du temps.

Le groupe pétrolier profite d’une présentation de résultats pour bien marquer médiatiquement sa rassurante diversification vers l’ensemble des énergies essentielles et supposées nouvelles.

DVSM, 9 février 2021. Il t avait Total, voici TotalEnergies. Pour le consommateur, le mot « total » est souvent synonyme d’addition. Notamment quand il passe à la pompe et réalise que sa tirelire n’est pas aussi vaste que l’univers. Actuellement, cette sensation redevient plus présente, le coût de pompe prenant de la hauteur. Paradoxe, car les firmes pétrolières, sous l’effet de la pandémie et du ralentissement des activités qui en a découlé, ont vu s’éroder le tarif pour l’usager. Mais elles ont aussi creusé des dettes assez rondelettes. Ce qui, pour un esprit simplet, justifierait de remonter la barre tarifaire, encore que, comme le savent les commerçants compétents, augmenter les prix quand le business ralentit n’est pas forcément la meilleure façon de stimuler les ventes.

Or, voilà que contre toute attente, les cours remontent. En effet, comme ne le clament pas les adeptes des énergies nouvelles, outre la promesse discrète d’une relance grâce aux vaccins (et à la décision que l’on devine dans bien des pays de ralentir les confinements, pour des raisons de coût), ces énergies -dont l’électricité- ne sont pas aussi redoutables qu’ont pourrait le croire pour les ressources fossiles. Bien au contraire. Rien que pour l’automobile électrique, en marge des éoliennes, des panneaux photovoltaïques, les batteries à recharger auront, au moins durant de nombreuses années, besoin des bonnes vieilles turbines au fuel pour neutraliser tout risque de pénurie. Un mot qui est aussi redevenu d’actualité par les temps froids d’un hiver un peu plus rigoureux que ceux des années récentes. En cas de souci d’alimentation, le pétrole reste la seule vraie ressource immédiatement activable. Une observation d’ensemble que notre sol hexagonal ne fait qu’avec modération, riche de son patrimoine nucléaire.

Alors, ce changement de nom qui n’en est pas un à 100% serait-il plutôt dicté par crainte de voir l’odeur du fuel dominer le « feeling » sur l’entreprise…? Probablement. L’or noir est l’objet de multiples fluctuations liées aussi bien aux conditions sanitaires qu’aux incidences politiques. Les effets de montagnes russes ne plaisent guère aux actionnaires et investisseurs. L’interdiction des gisements par fracturation (pétrole et huile de roche) prise par Joe Biden comme les possibles chamboulements dans des pays où coule le précieux liquide sont des sujets qui inquiètent plus qu’ils n’enchantent. N’être accroché qu’à cette matière n’est plus un signe d’élégance, et de plus, cela masque une diversification vers les valeurs énergétiques nouvelles. Raisonnable, mais enfin, qui existe et lissera sans doute des turbulences inconfortables.

Mais en réalité, cette petite évolution, qui n’a rien de la rupture que provoquerait une raison sociale... « totalement » nouvelle. En réalité, elle arrime le véritable nom générique pour le long terme, tant il est vrai que dans un groupe sérieux, on ne change pas d’identité à la cadence des jeux olympiques. Nous voilà dans le changement cuisiné façon oxymore…

Source DVSM

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