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Trump et l’industrie: un demi-tour en forme de rêve impossible…

Au lieu d’observer des futilités comportementales venues de l’Ouest, ne devrait-on pas mieux analyser des attentes qui se développent partout en occident…?

 DVSM, septembre 2018 – Qui n’aura pas une fois tapé sur Trump…? Certes, le président des USA n’est pas du genre classique. Il n’a sans doute rien d’un « président normal » et son comportement peut agacer. Mais il a été élu, peut-être avec une majorité relative, plus importante néanmoins que nombre de nos présidents de l’Hexagone. S’il a séduit une grande fraction des citoyens d’outre-Atlantique, et continue d’y bénéficier d’un soutien significatif, c’est pour des raisons qui pourraient bien mettre en lumière un penchant des foules d’Amérique à vouloir, comme beaucoup d’autres populations, le beurre et l’argent du beurre.

Voilà qui impose un regard assez loin dans le passé, et en particulier au sortir de la seconde guerre mondiale. A cette époque, les protestations furent bien peu nombreuses lorsque le Pays de l’Oncle Tom fit de l’Asie son sous-traitant bon marché. Ce dont témoignent notamment des produits et équipements tels que ceux de la startup d’alors, baptisée Soni (avant de s’écrire Sony) et qui portaient la mention « Made in occuped Japan ». Doucement, outre-Atlantique, des pans des industries de masse furent transférés vers ces horizons à bas coût, Asie pour de nombreux d’entre eux, Mexique pour l’automobile, transformant doucement Detroit en ville au passé effervescent à jamais perdu dans une décadence aussi sociale qu’industrielle. Oui, mais les automobiles comme les téléviseurs étaient si accessibles…! Et les équipements sophistiqués, avions, ordinateurs…, étaient restés des productions nationales, avant de filer à l’Est, comme le reste…

Aujourd’hui, un piège sournois a fini par se refermer. L’Américain de la rue voudrait une auto, un iPhone, un grand écran OLED toujours à un prix bas, mais produit dans des usines locales, ses usines, à nouveau ouvertes. Problème de fierté…? Peut-être. Problème de chômage…? Même pas. Inférieur à 4%, un tel taux en France conduirait notre brave président à revendiquer à la fois un Prix Nobel et une canonisation immédiate. Mais malgré ce score flatteur, tout ne va pas si bien sur le sol yankee. Notamment, des quantités de magasins ferment leurs portes, tandis qu’un malaise s’amplifie du fait d’une cohabitation mal supportée avec des populations migrantes. C’est dans ce contexte qu’un homme d’affaires vedette (aux succès mitigés) se prenant pour un politicien est arrivé, promettant une quadrature du cercle bien délicate à atteindre. Il menace de taxer tout ce qui vient d’ailleurs. Et hop…! En oubliant de préciser qu’en conséquence, les prix moyens risquent fort de remonter sérieusement, soit à cause de leur coût de production, soit à cause des taxes. Son fantasme, que certains appellent volonté politique, n’est pourtant pas unique en son genre. Le souvenir est encore tout proche d’une courte époque où, sur notre sol, un ministre en marinière voulait aussi tout faire fabriquer chez nous. Gigantesque ambition pour un territoire où le travail (et le reste) est le plus taxé de la planète…!

Derrière ces péripéties pour beaucoup plus visibles que d’autres du fait des personnages et de leurs travers, la lame de fond qui commence à se propager dans de nombreux pays pourrait bien être le signal d’un point de non-retour atteint, entre un monde qui se dit riche (du travail bassement rémunéré des autres…?) et le reste de la planète. La fin du baby-boom dans l’ensemble du monde occidental émousse une croissance qui fut généreuse durant un large demi-siècle. Les communications sont devenues commodes et peu coûteuses. Les transports mettent tout point de la planète à seulement quelques heures de tout autre. Et des territoires jadis sans poids économique ou politique se sont réveillés. Maintes fois évoquée sur ce blog, cette donne géante et inédite (aucune de ces possibilités n’était réelle il n’y a qu’un quart de siècle) impose et imposera des révisions majeures à tous niveaux. Sacré défi posé aux responsables politiques qui font cependant tout pour obtenir le pouvoir, mais n’est-ce pas à chacun de savoir choisir ses difficultés…?

Le peuple veut plus de protection sociale, mais des cotisations moins lourdes. Il attend plus de sécurité, mais sans que cela le ruine. Son désir de services publics améliorés se manifeste clairement, mais sans que soient creusés des déficits. Y’a ka, en virant les travailleurs détachés, en rapatriant à Billancourt les Renault construites en Turquie, etc… Et pour couronner ce panorama, les interrogations et les inquiétudes servent ce que d’aucuns se limitent à qualifier de montées populistes. Certains ne seraient-ils pas en train de se trumper sans le savoir…?

Source DVSM

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