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Uber va-t-il provoquer l’explosion d’une nouvelle bulle Internet ?

L’an dernier, la plateforme de VTC a perdu la jolie somme de 2,8 milliards de dollars pour un volume d’affaires de 20 milliards et un chiffre d’affaires de 6,5 milliards. Autrement dit pour chaque dollar encaissé, Uber perd quasiment 50 cents, même si ces éléments n’intègrent pas la cession des activités de l’entreprise en Chine. Après de nombreuses levées de fonds qui ont porté sa valorisation à 70 milliards de dollars, Uber est aujourd’hui au bout de sa logique d’achat de parts de marché à tout prix. Outre la personnalité très contestée de son P-dg Travis Kalanick et le départ sans explication de plusieurs cadres importants, il faut constater que les nuages s’amassent au-dessus de la startup californienne. Les procédures se multiplient partout dans le monde, initiées tant par les sociétés de taxis qui se plaignent d’une concurrence déloyale, que par les organismes sociaux qui constatent les liens de subordination entre Uber et ses chauffeurs, et par les chauffeurs eux-mêmes qui ne supportent plus leurs conditions de travail.

Problème, Uber est confronté à ces procédures partout où ses services sont déployés. En France, par exemple, outre les protestations récurrentes des taxis, Uber est poursuivi par l’URSAFF qui exige la requalification en salaire la requalification des factures d’autoentrepreneurs en salaires nets. Un jugement du tribunal des Prud’hommes devrait être rendu en octobre prochain. Après un recours intenté par plusieurs chauffeurs, le tribunal devra décider si les chauffeurs sont des prestataires ou des salariés. Un récent jugement vient de décider de la qualification de salarié pour un chauffeur employé par la plateforme concurrente LeCab. En Italie, une cour de justice vient tout simplement d’interdire Uber pour concurrence déloyale. Un recours en cassation a suspendu l’application de ce jugement. Aux Etats-Unis, Uber a dû sortir le chéquier pour améliorer la condition salariale des chauffeurs. C’est tout le modèle d’Uber qui est en danger. Car ce sont bien les tarifs et pas les bouteilles d’eau distribués aux passagers ou les costumes des chauffeurs qui permettent d’attirer la clientèle. Les prix montent et les services de VTC ne sont plus aussi concurrentiels.

Par ailleurs, Uber a dû clore des services entiers comme Uber Pop qui avaient assuré sa renommée. Aujourd’hui, le géant du VTC annonce la fermeture d’UberRush, un service de livraison censé concurrencer Postmates ou Delivery. Les restaurants et leurs clients sont conviés à basculer vers UberEats, un autre service du groupe, spécialisé dans la livraison de repas à domicile. Uber avance que la plupart des coursiers travaillaient pour les deux enseignes et qu’un effort de rationalisation était nécessaire. Certes, mais il semble bien que qu’UberRush n’avait pas réussi à s’imposer comme une alternative aux nouveaux géants de la logistique. A voix basse, les analystes financiers commencent à douter qu’un jour Uber puisse trouver le chemin de la rentabilité. Comme chacun le sait, la bonne santé d’une économie repose d’abord sur la confiance. Si à force d’être secoué, Uber était mis à mal, il faudrait craindre les conséquences. Les investisseurs seront d’autant plus enclins à la méfiance que nombre de géants de l’Internet peinent à atteindre le seuil de rentabilité. Ça ne vous rappelle rien ?

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