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Un Noël jaune dans la rue, un Noël noir pour le commerce…

Quand des mécontentements en arrivent à être exprimés dans la rue, la dérive est inévitable, côté protestataires ou côté autorités. Voire les deux…

DVSM, décembre 2018. Tout est parti de ce gilet jaune posé dans le coin du pare-brise. Mais à force de tirer sur une ficelle, celle-ci finit toujours par se rompre. Dans le cas présent, la ficelle était celle de la fiscalité. Plus intense que partout ailleurs, y compris dans des pays où, contrairement à certaines affirmations, les prestations sociales ne sont pas aussi épouvantables que certains les décrivent, elle interpellait et mettait mal à l’aise. A force d’en rajouter sans cesse, tous les ressortissants de notre bel Hexagone en arrivaient à cette conclusion presque unanimement partagée : « Marre des taxes…! » Un surdosage lié à une fièvre de l’or noir répercutée à la pompe a provoqué l’ultime rupture. En dépit de l’immense talent pour tout prévoir que ne cessent de revendiquer nos dirigeants, pas un seul n’a cru possible le déclenchement d’une colère non soudaine, mais qui couvait depuis longtemps. La leçon de l’actualité récente n’a pas été davantage retenue. Personne au sommet de l’Etat ne semble avoir compris qu’en cas de soudaine montée d’adrénaline populaire, les casseurs et voyous ne manqueraient pas de venir transformer toute mauvaise humeur poliment exprimée en catastrophe de la rue. (Sauf peut-être un ex-ministre de l’Intérieur, qui doit se féliciter d’avoir rejoint ses terres électives).

Pire, au lieu de vite désamorcer le conflit, les gilets jaunes ont entendu des réponses en forme de fin de non-recevoir pimentées de quelques leçons de pseudo écologie, masquant bien mal le seul but poursuivi, qui n’est autre que de remplir les caisses de notre pauvre France. Et pourtant, cette attitude aura des conséquences opposées au but recherché. Il faut à présent réprimer le désordre, les revendications, justifiées ou non, vont donc passer à la trappe, la sécurité devenant la seule priorité.

Il reste moins de trois petites semaines pour les ventes de Noël, alors que déjà, les recettes sont affectées, pour certains sévèrement, avec pratiquement aucune perspective de rattrapage. Recettes tronquées, dont TVA non encaissée, au cœur d’une année où le business n’était déjà pas brillant, pour mille et une raisons, de la saturation de certains marchés à un pouvoir d’achat très écorché dans de nombreuses catégories de clientèles, y compris (peut-être même surtout) les classes moyennes. Désormais, chacun s’interroge. Que sera le prochain week-end, l’avant-dernier avant celui de Noël…? Nouvelles manifestations…? Nouvelles violences…? Dispositifs policiers d’ampleur décourageant les déplacements notamment vers les quartiers et zones de commerce…? Carburants à sec dans les pompes pour blocages de dépôts…? Encore bravo, et un grand merci pour cet épisode qui n’est  pas terminé et a fait entrer toute la distribution dans un douzième mois aux contours plus qu’incertains. A ce propos, puisque de nombreux décisionnaires au sommet de l’Etat viennent du monde de l’entreprise, quel serait leur sort dans leur univers d’origine, avec de tels résultats…? Y.D.

Source DSVM

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