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Vélos, trottinettes, bombes à retardement et pied de nez aux attentes écologistes.

Les deux roues à propulsion électrique suscitent beaucoup de commentaires, mais très peu à propos d’un détail pourtant essentiel, leurs aptitudes polluantes. Un univers en péril si une solide organisation de traçage avant recyclage n’est pas mise en œuvre.

 DVSM, 24 novembre 2021. « On en vend bien, oui ça tourne… » Bicyclettes et trottinettes, par elles-mêmes, n’ont pas forcément un profil d’intrus indésirables. Ce sont essentiellement leurs utilisateurs qui soulèvent des réactions allant jusqu’à d’authentiques colères. Se déplaçant n’importe comment, au mépris de la sécurité et de toute ambition de respect à l’égard de leurs compatriotes, sur la chaussée, sur les trottoirs, nombreux sont ceux qui poussent le bouchon si loin qu’ils finiront par faire l’objet d’interdictions bien plus étendues que les quelques salves éphémères de restrictions ayant récemment été concrétisées. Mais ces petits équipements de mobilité, coqueluches des plus engagés dans le combat pour la sauvegarde de la planète, en général considérés comme des instruments écologiques par excellence parce qu’ils n’émettent pas de particules fines ou de CO2 là où ils circulent, laissent entrevoir un futur bien moins vertueux qu’imaginé.

En effet, alors qu’il sera sans doute possible de tracer et éventuellement récupérer dans des conditions satisfaisantes les accumulateurs utilisés sur les automobiles et encore mieux sur les poids lourds, comment éviter que ceux qui animent les deux roues citadins ne finissent, pour au moins une bonne proportion, dans des abandons ou dépôts sauvages, hors des itinéraires réglementaires actuels. Dès lors, s’assurer que les matériaux et composants ne partent à l’assaut des sous-sols pour de longues périodes deviendra un sérieux défi. Chacun sait qu’en dépit des dispositifs développés depuis des années pour acheminer les fameux  déchets dits « DEEE » à recycler en lieux sûrs, de nombreux éléments (TV, frigos, smartphones etc…) échappent hélas encore au tri pour lequel chaque consommateur paye pourtant une modeste contribution lors de l’achat de biens neufs. Si ce reliquat est faible en pourcentage, il n’a rien de négligeable.

Curieusement, ce défaut caché ne mobilise à l’évidence pas tous les milieux supposés défendre l’environnement. Jusqu’à quand…? Il semble que de nombreux acquéreurs de ces outils de mobilités soient d’ailleurs bien plus motivés par la liberté qu’induit la possibilité de se déplacer sur un trajet désiré au moment désiré, le tout agrémenté d’un coût compétitif par rapport à celui des transports en commun. La préoccupation de précaution planétaire n’est peut-être pas au premier rang de leurs priorités. La seule vraie parade serait donc de bâtir des stratégies de récupération (plus musclées que celles d’ores et déjà mises en place), avant que des décisions autoritaires, que la sécurité rend par elle seule quasi inévitables, ne viennent émousser ce courant d’affaires. Il faut en effet noter que des dispositifs ont été prévus, une « filière », comme le décrivait il y a déjà quelques années « Que choisir » dans un tour de ses fondements très complet (à lire ICI). Le phénomène a depuis pris de l’ampleur. La « contradiction écologiste » apparaissant au grand jour.  « On vend moins de télés, mais on vend des vélos » pourrait devenir un constat à oublier.

Source DVSM

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