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Virus et confinement, un fabuleux boulevard pour les autoroutes de l’information…!

Il n’y a pas que des perdants dans la mésaventure causée par le vilain virus, et c’est une conséquence heureuse. Le numérique, du travail jusqu’aux loisirs en passant par la santé, se nourrit de ces circonstances inédites.

DVSM, 27 avril 2020. Les « autoroutes de l’information » est une expression tombée dans l’oubli. Coqueluche de tous les observateurs qui voyaient venir, il y a presque un quart de siècle, les échanges dématérialisés vécus dans le quotidien d’aujourd’hui, elle a été détrônée par les formules et notions de « réseaux sociaux », « partage », « on-line », tout un nouveau monde qui était à la fois apprécié et un peu redouté, accusé de démolir le monde d’hier et ses valeurs. Si on ne parle plus d’elles, ces autoroutes ont cependant prodigieusement grandi. On y circule chaque jour un peu plus, et de plus en plus vite. Et soudain, le vent épidémique qui s’est mis à souffler sur les cinq continents fait se refonder les avis. On en arrive même à ce constat, « heureusement qu’il y a les techniques et les usages numériques« . Ces derniers sont sur un nuage.

Devant leur écran de notebook, nombreux sont ceux qui ont réussi à travailler à distance. Devant leur écran de téléviseur, la consommation de films, de séries et autres contenus télé et vidéo fait un bond colossal. Outre Atlantique, 64% des consommateurs adultes regardent « du » Netflix, et déjà 49% de l’Amazon Prime Vidéo, les deux leaders de ce courant du streaming où une dizaine de compétiteurs s’affrontent. Devant l’écran de leur PC pour gamers, on ne compte plus les adeptes des jeux en ligne, dont les rangs grossissent à vue d’œil, tout comme ceux des joueurs plus occasionnels sur tablettes et smartphones. Quelques jeux ont de la sorte enregistré des multiplications par 2 de leurs diffusions. Plus utilitaire dans ces circonstances, la consultation médicale en ligne, jusqu’alors plutôt décriée par les professionnels de santé, vient utilement au secours des visites physiques que le confinement avait rendu bien délicates à gérer. Et cela sans oublier le commerce via Internet, et les formules de drive sans contact que la toile autorise sans aucun problème. Conséquence de toute cette amplification des usages numériques, alors que dans la vie économique au sens large, on ne parle que de pertes, de chômage, de mesures de sauvetage, les firmes de cette économie numérique, start-up incluses, affichent des tableaux comptables rayonnants. Un peu comme une revanche venant corriger un long parcours très souvent plongé dans le doute et l’incrédulité.

Pour ne pas perdre le contact, sous les effets des confinements, les jeunes d’outre-Atlantique ont recours aux textos pour 83% d’entre eux, les appels téléphoniques ayant 72% d’assidus, tandis que l’usage des réseaux sociaux sont à égalité avec les liaisons vidéo (Face Time par exemple) chez 66% des individus qui, bien sûr, combinent plusieurs usages quand ils ne peuvent se rencontrer en vrai de vrai.

Revers de la médaille, cette révolution numérique est aussi la source d’un climat d’anxiété considérable, parce que ces ressources inédites ont aussi colporté des masses d’informations souvent contradictoires, sans même que soient évoquées les fausses nouvelles y navigant sans retenue. Des épidémies aussi graves, ou peut-être plus, ayant fait davantage de victimes que le Covid-19, dans un passé encore récent, avaient traversé les semaines et les mois dans une quasi indifférence, sans la surabondance d’informations et de débats qui caractérise le moment présent. De quoi remettre en exergue des maximes telles que « trop d’info tue l’info », ou encore « pas de nouvelle, bonne nouvelle ».

Données : eMarketer.

Source DVSM

 

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