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Vocabulaire: changer les mots, révélateur d’auto-mensonge…?

Peur de voir les réalités en face…? Ombres portées de quelque marketing aux idées floues…? Depuis quelques décennies, siècles ou millénaires, le propos semble préférer contourner les obstacles. Il faudrait peut-être voir un psy…! 

 DVSM, 27 août 2019. La -ou les- « mobilités urbaines » grimpent au hit-parade du vocabulaire d’aujourd’hui. Que peut apporter de positif ce maquillage du langage…? En quoi ces « mobilités » sont-elles autre chose que ce qui se désignait il y a peu de temps, tant pour l’individuel que pour le « en commun » par « moyens de transport« …? Cela sous le simple prétexte que les bicyclettes se sont électrifiées, que les trottinettes aussi, et que des utilisateurs particulièrement souples et maîtres de leur équilibre comme de leurs smartphones adoptent des gyropodes quand d’autres, il n’y a pas si longtemps, sillonnaient les trottoirs en patins à roulettes…, pardon, en « rollers », ou en skateboards, avec sens impératif de l’équilibre…?

Quand le mot fait mal, on le détourne. Dans les années 50, ceux qui allaient voir leur retraite soutenue par la vignette automobile étaient définis sans détour. Personne n’hésitait en ces temps lointains à parler de la « retraite des vieux« . Lesquels sont devenus un peu plus tard les « personnes âgées« , ce qui était déjà moins pénible, avant de se voir avec délicatesse rangés dans le « troisième âge« , assez confortable mais qui finit tôt ou tard par se confronter à l’évocation d’un hypothétique quatrième…. Ce qui a suffi en faire une formule abandonnée pour le terme encore bien plus acidulé de « seniors« , dans lequel se mélangent des retraités, des actifs et quelques autres. Cette tendance à esquiver les mots fâcheux n’a pas eu pour seule objectif d’évacuer le temps qui passe…

Les ressentis psychologiques se propagent dans ce qui est valorisant ou non. Ainsi, la Loire inférieure est ainsi devenue Atlantique, tout dans l’éthique, les instituteurs se sont transformés en professeurs des écoles, on se pousse du col, le podologue fait oublier le pédicure, gage de culture. Quand le vocabulaire n’y arrive plus, les sigles aident à concrétiser ce détournement d’une vérité. L’IVG, ou Interruption Volontaire de Grossesse, n’a-t-elle pas pudiquement occulté le caractère quasi cruel qui émanait de l’avortement.

Les licenciements mués en plans sociaux participent à cette même forme d’atténuation du bobo.

Il fallait bien, sur DVSM, en arriver à l’univers du commerce. Car même dans la distribution, des changements sont arrivés, chacun dissimulant assez mal sa finalité sa raison d’être. L’un des plus célèbre est celui de la caissière propulsée socialement en hôtesse de caisse. Combien de vendeurs se retrouvent dans la condition de conseillers, ce qui n’est tout de même pas la même chose, tandis que des démonstrateurs délégués par des fournisseurs se voient promus en « merchandiseurs » (confiture franco-franglaise…). La boutique, le magasin, ça faisait un peu trop vieille France. Alors que « point de vente » ou « implantation » vont mieux dans notre époque. Zone commerciale, ça fait vraiment zone, « retail park » (encore un peu de marmelade) sied mieux à une vision dans l’air du temps. Il est encore possible que certains face étalage de leur savoir, mais pour les produits, mieux vaut le « linéaire« . Nos cousins du Québec, dans un réflexe tout aussi autocentré et psychologique, (la grande Amérique est si proche…!) ne vont pas surfer sur le Net. Si le réflexe est inversé, il est cependant de même nature. Ils préfèrent « fureter » et à présent, progrès du numérique aidant, évitent le « cloud« , lui préférant « l’infonuagique« . Voilà une manie dans le rejet du passé que les passions du « vintage » contredisent…!

Source DVSM

 

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