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Appelez-moi « Retail », serait-ce le symptôme d’une crise d’ego de la distribution.

Commerce, distribution, ces mots pourraient-ils avoir développé un sens caché jugé  dévalorisant par les professionnels du terrain…?

 DVSM, 10 octobre 2021. Qui aurait dégradé l’image de tout un secteur, au point d’inciter bon nombre de ses intervenants à se réfugier dans un vocabulaire d’une perception plus noble venu du Nouveau Monde…? Il est vrai que d’autres métiers ont aussi été frappés par ce grand remplacement des mots. Crainte de se sentir ringard, sentiment d’appartenir à une catégorie ayant bonne presse, suivre les panurgismes sans trop savoir pourquoi… Depuis plusieurs décennies, l’art d’adopter des substantifs ou des adjectifs pour revaloriser des ressentis n’a pas cessé de se développer. Il y a un bon demi-siècle, nos départements sont passés par là. Celui dit de la Loire, péjorativement qualifiée « d’inférieure », a vu son blason se redorer en devenant Loire Atlantique, un changement équitable puisque la Seine, également inférieure, s’est dans ce même ancien temps redistinguée en devenant « maritime ». Alors que les chômeurs sont devenus « demandeurs d’emploi », et que les « vieux » Français ont rejoint le sage club du « troisième âge », les métiers n’ont pas échappé à leur métamorphose du vocabulaire. Les instituteurs sont devenus des « professeurs des écoles », hommes et femmes de ménages se sont vus élevés au rang de « techniciens de surface ». Alors, le Retail, dans tout ça…? Relève-t-il du même syndrome, ou tombe-t-il dans cette frénésie consistant à « anglosaxonniser » le plus grand nombre d’éléments de langage, faiblesse piège dans laquelle nos cousins du Québec évitent avec le plus grand soin de se laisser entraîner, eux qui font tout pour se soustraire à l’influence envahissante de leur voisin américain.

« Je travaille dans le retail… » « Dans le riz quoi…? » « Le ritelle ». Quelle nuance…! Histoire d’égo est-il hasardé plus haut…? A coup sûr, et ce détail n’a pas à être pris à la légère. Chacun a besoin d’être conforté dans son job, et même d’être un peu fier de l’univers dans lequel il évolue, se reconnaître dans sa tribu. Au cours des premières années de la micro-informatique, ceux que d’autres auraient qualifiés de « grossistes » rejetaient ce terme, et voulaient, justement, qu’on les désigne du substantif « distributeur ». Un équipement (le distributeur) qui fut pourtant dans les esprits populaires plutôt évocateur d’autres associations, comme avec celle de mobiliers en place dans des stations de métro et des gares pour acheter des chewing-gums.; et plus récemment, avec l’engin d’où peuvent sortir des billets de banques, l’abréviation « DAB » restant assez peu utilisée. Si un sourire s’amorce à la commissure de certaines lèvres, mieux vaudrait donc le retenir. L’emploi, dans une vie, a aussi plusieurs mots aptes à le définir. Personne n’est insensible à la nuance entre un « bon emploi » et une « bonne situation ». La première des expressions se limite à une évocation quasi arithmétique, la seconde n’est pas loin de ce qui n’est autre que « réussir sa vie ». Il reste le point important de la compréhension. Et pour ceux qui ne saisissent pas intuitivement le mot « retail », préférant le prononcer « reu-taille », style français des faubourg, le distinguo peut être reçu comme l’expression d’un entre-soi pour qui n’est pas du sérail. Les mots sont à eux seuls des messages…

Source DVSM

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