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Couverture 4G, encore un bon vieux mensonge à la Une des médias…

La présentation pour le moins optimiste de la couverture pour les smartphones, désormais en 4G, est une fois de plus soulignée.

Plus grave, ce quasi-mensonge ajoute son grain de mécontentement à toute une population.

DVSM, décembre 2018 – En France, environ 90% de la population vit sur environ 45% du territoire. Cette donnée fondamentale est à l’origine d’un vieux quiproquo jamais réellement corrigé, lequel prend sa source dans l’affirmation des opérateurs, qui expriment et vantent leurs couvertures géographiques en pourcentage de la population. Et non du territoire. Le Credoc, qui a réalisé pour l’ARCEP une étude que la radio Europe 1 a pu dévoiler la première, met en évidence une couverture plutôt limitée de la 4G, ce alors que la 5G commence à s’ébrouer sur de nombreux territoire, et sera à coup sûr le fil conducteur du MWC 2019, en février, à Barcelone.

« Le mensonge naît des vérités dont on abuse »*. La vérité est, quand un opérateur revendique, par exemple, 80% de couverture de la population, que pour étayer ce chiffre, il suffit à ce même opérateur de couvrir 80% des 45% du territoire évoqués plus haut. Même bien réel, ce chiffre est fondamentalement trompeur car, par définition, un mobile est avant tout conçu pour être utilisé en… mobilité, donc quelque part sur 100% de la surface du pays, et pas seulement la fraction d’une fraction, se résumant à une utilisation au domicile ou à ses alentours.

Ajoutons que sur cette couverture des zones de résidences urbaines, de nombreux utilisateurs, chez eux, au travail ou chez des proches, ne fonctionnent même plus en 3G ou 4G, mais via la connexion Wi-Fi qui prend le relais. Le constat, qui n’a rien d’une révélation, même avec l’étude du Credoc, est que lorsque l’on s’éloigne des zones où l’urbanisation est dense, la couverture se détériore. Les grandes voies routières semblent assez bien couvertes, à la différence des réseaux ferrés, y compris ceux qui sont affectés aux trains à grande vitesse, pour lesquels un travail de rattrapage avait été engagé depuis plusieurs années. La SNCF s’était en particulier plainte d’une couverture extrêmement perfectible lors du développement d’un suivi et d’une fourniture de services pour sa clientèle sur ses lignes ID-TGV (qui ont cédé la place à de nouvelles offres).

Même la 3G n’est pas partout accessible, et il existe des zones où il n’y a même plus de couverture du tout. N’oublions pas non plus ces lieux, villages notamment, où la couverture est faible, rendant très aléatoires de simples communications téléphoniques, si les utilisateurs se trouvent dans des bâtiments où les maçons n’ont pas trop lésiné sur l’armature métallique des parties bétonnées.

Cette remise en lumière tombe cependant assez mal, car elle vient s’ajouter au vent de mécontentement porté par les gilets jaunes, mettant notamment le doigt sur les graves handicaps d’équipements et de services que subissent les zones rurales et les villes de moyenne importance. Mais n’y a-t-il pas également derrière cette réalité une stratégie des opérateurs destinée à limiter les risques, en raison de la rapide évolution des standards…? Il a fallu beaucoup de travail et d’investissements pour passer de la couverture 2G à la 3G, elle même assez rapidement détrônée en performances par la 4G. On peut comprendre un gestionnaire souhaitant éviter une obsolescence prématurée d’une partie de ses installations, sachant qu’une nouvelle rupture technologique est en passe d’intervenir…

* Voltaire.

Source DVSM

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