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Démocratie, pourquoi le vote reste-t-il la seule fonction allergique au numérique ?

Alors que les esprits moulinent et que les humeurs parfois s’échauffent sur le thème des municipales, pas un mot, pas un chuchotement ne se manifeste à propos d’un mode de scrutin garanti sans contagion.

DVSM, mai 2020. Mais de quoi ont-ils peur, tous ces politiques qui s’engagent avec virtuosité à ne surtout pas parler du vote en ligne…? Trop difficile à construire techniquement…? Mais cette technique est pourtant très au point pour la quasi-totalité des formalités et fonctions de la vie quotidienne. Elle est très performante, comme le démontrent ces coups de flash routiers qui, à partir d’un simple cliché, donnent à ceux qui sont allés un peu trop vite le plaisir de recevoir en une petite semaine un document à leur nom, leur adresse, n’omettant ni la vitesse, ni le lieu précis et encore moins l’heure de leur répréhensible vélocité.

La votation, comme le disent nos amis suisses, permettrait des fraudes électorales…? Cet argument qui ne sert qu’à corser le problème n’est pas très loyal. Comme si, avec les urnes classiques, il n’y avait aucune fraude… Le nombre des annulations suivant chaque consultation rappelle que le coup tordu est et restera l’une des particularités du genre humain.

Trop compliqué pour des personnes d’un certain âge ou pour des individus non-équipés…? On prend moins de gants pour rendre obligatoire des formalités usuelles comme les déclarations d’impôts, en se contentant d’estimer que les personnes concernées trouveront bien à se faire aider (évitons de brandir l’argument de la confidentialité du vote, qui bizarrement s’estompe quand ce sont les revenus à déclarer qui sont à véhiculer numériquement). Alors, comme le disait Coluche dans une fine analyse : « On s’demande ! ».

Il n’est toutefois pas impossible d’imaginer certains sujets susceptibles de créer quelques hésitations au sein des élus ou élus potentiels. Voter numériquement serait du domaine de l’innovation, et celle-ci a pour habitude de métamorphoser les usages. Par exemple, des consultations en ligne pourraient devenir plus fréquentes, plus pointues, plus larges quant aux sujets abordés. Mieux (certains diront « pire »), il serait possible d’étaler une consultation sur plusieurs jours. Et pourquoi pas, d’avoir des informations sur l’évolution des scores en cours de scrutin (qu’est-ce que ce point aurait d’anti-démocratique ?) et même pour chaque citoyen de disposer d’un droit de rectification en fonction de ce qu’il ressent face aux tendances exprimées… (re… qu’est-ce que ce point aurait d’anti-démocratique ?)

Au fait, le fait de devoir porter un masque lors d’un scrutin ne peut-il être une faille dans la bonne identification de chaque électeur…? Et d’ailleurs, pourquoi, une fois masqué, devoir encore passer dans un isoloir ? Pour que l’on ne puisse détecter le geste, et donc le bulletin choisi pour être glissé dans une enveloppe ? En numérique, fini tout cela. Un identifiant, un mot de passe, et hop…! Pas plus de danger pour un vote que pour une opération avec la banque.

Source DVSM

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