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Electronique : les durées d’utilisation sont-elles liées à des obsolescences…? Chiffres…

Changer quand ils sont usés ou en panne grave, ou parce que leur utilisation devient franchement compliquée…? Les équipements numériques ne sont pas tous remplacés à la même cadence. Des éclaircissements…

 DVSM, 13 octobre 2021. En utilisant le mot « obsolescence » il serait facile de croire que revient ici cette vieille accusation du monde industriel, lequel ferait exprès de rendre les équipements qu’il fabrique plus fragiles pour en susciter un remplacement plus fréquent. Cette thèse est absurde*. En revanche, une enquête du groupe FNAC-Darty, étayée à partir des statistiques de ses SAV, apporte des informations intéressantes et, pour certaines, révélatrices. Attention : sont évoquées ici les « durées d’utilisation » et non les durées de vie. La durée de vie s’achève quand un équipement est… mort, l’utilisation se poursuivant jusqu’à ce que celui qui en fait usage décide de passer à un nouveau produit. Quatre des maillons forts du marché numérique présentent les durées d’utilisations suivantes :

– Téléviseurs : 10 ans – Appareils photo reflex : 16 ans – Notebooks : 7 ans – Smartphone : 4 ans. Le bel écran du salon (version LED) confirme une durabilité qui se perd dans la nuit des temps. Ses 10 années d’utilisation nourrissent un volume de marché qui se déduit presque sans calcul. Avec 35 millions de logements (parc français), ce total entraîne environ 3,5 millions de pièces à renouveler annuellement, auxquelles il faut ajouter celles du multi-équipement, avec par conséquent une ligne de flottaison établie aux alentours de 4,5 millions. Une phase d’accélérations successives a été induite par les évolutions de la TNT, de la haute définition et des écrans plats plus grands. Il est clair que cette époque est derrière nous. Les tentatives d’évolutions (3D, écrans courbes…) n’ont guère convaincus. En revanche, n’en déplaisent aux éternels observateurs (mal informés) criant au scandale des appareils trop vite défaillants, bon nombre de ceux qui atteignent 10 ans d’âge fonctionnent encore correctement et pourraient trouver un rôle à leur mesure dans les résidences secondaires et dans l’équipement en écrans multiples.

Le Reflex en photo est par définition « un bel » appareil. Il a en général représenté un achat assez conséquent, plus lourd aussi par la nécessité de l’entourer de divers compléments, en particulier des optiques, ainsi que des flash, cartes mémoires, sacs, pieds… Ajoutons que même expérimenté, un utilisateur a besoin d’un peu de temps pour prendre en mains correctement son équipement, et l’exploiter au meilleur niveau. Tout ceci entraîne une durée d’utilisation de 16 ans, relativement longue (mais chacun sait que les passionnés ont souvent plusieurs appareils (boîtiers…) qu’ils exploitent dans des conditions de prise de vues différentes. La taille de l’équipement accompagnant l’APN (ou l’appareil argentique) est son amortissement (même si celui-ci ne concerne que la tirelire d’un amateur) est un frein à un renouvellement trop rapide.

Avec le notebook qui se fait dégager de son statut en 7 ans, nous entrons dans les parages de ce qui peut insupporter pas mal de clients utilisateurs. Ce sont principalement les « OS » ou systèmes d’exploitation qui conduisent des ordinateurs encore très alertes techniquement à finir bien trop tôt. D’autant que les versions nouvelles, au titre du progrès technique, entraînent aussi des changements de logiciels, et des ré-apprentissages fastidieux, onéreux quasi indispensables dont les fournisseurs devraient avoir honte. Il faudrait trouver ce qui rendrait la micro soft. Doucement, l’OS le plus répandu se transforme en une sorte de cordon ombilical obligatoire et bien sûr payant. Si un jour, des utilisateurs font payer à ces acteurs de la micro leurs excès dans ce sens, ils l’auront bien mérité.

 

Le smartphone, personne ne s’en étonnera, détient le pompon dans la famille du renouvelable. On peut cependant reconnaître que jusqu’à présent, les télécoms ont suivi un itinéraire d’évolution technique d’ampleur mené au pas de gymnastique (même si 30 ans, quand même, nous séparent déjà des débuts du GSM). Après 4 ans d’utilisation, le joujou est bon pour se blottir au fond d’un tiroir et y rester longtemps, suivant le principe de précaution traduit en vocabulaire d’utilisateur par « au cas où« . Avec la 5G, le monde des télécoms espère renouveler cette quasi obligation de renouvellement. Laquelle ne sera réussie que si des usages réellement nouveaux et extrêmement motivants sont propulsés. Comme cela se dit parfois, « c’est pas gagné ».

L’ensemble des données de cette enquête sont consultables en cliquant sur ce lien. On y découvre d’autres équipements, dont l’électroménager, les produits réellement fichus quand ils sont abandonnés, ceux qui fonctionnent encore et des lumières sur les réparations engagées ou non.

* Absurde, car pour que la combine fonctionne, il faudrait que toute l’industrie se mette au diapason d’une telle stratégie,  sans aucune défection, un rêve sans lendemain.  De plus toute initiative dans cet esprit serait surtout très contre-productive pour l’industriel qui l’adopterait, et perdrait la confiance de clients déçus d’une fiabilité insuffisante. Cette thèse de l’obsolescence dite programmée repose sur des théories proches de celles évoquant le monstre du Loch Ness ou les OVNIS. Certains médias aiment, ça fait de l’audience…

​​​​​​​Source DVSM

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