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La fintech Morning va-t-elle passer l’hiver ?

En juillet dernier, la high tech française réunie chez Criteo avait célébré la fintech basée entre Castres et Toulouse. Morning avait reçu le Grand Prix de l’Innovation Digitale attribué par un jury prestigieux (Axa, Unibail, Facebook, la Poste, la BPI, etc.) réuni par Le Petit Web. Ces experts avisés se seraient-ils montrés imprudent dans ce choix ? Espérons que non. La startup créée par Éric Charpentier, ancien éducateur spécialisé, est au bord du dépôt de bilan.Ses actionnaires refusent d’aller plus loin. Que lui reproche-t-on ? Une manœuvre purement technique, mais formellement interdite. A cours de cash, en plein milieu d’une opération de levée de fonds, les responsables de Morning ont prélevé 500 000 euros de son compte de cantonnement, sorte de garantie financière intouchable exigée de n’importe quelle banque. Les assureurs de la MAIF, premiers actionnaires de la fintech qualifient cette manœuvre ‘’d’irresponsable’’. Éric Charpentier est aujourd’hui persona non grata, victime sans doute de son attitude qualifiée d’arrogante et provocatrice.

Ce trait de caractère nous avait totalement échappé lorsque nous l’avions rencontré à la remise du prix de l’innovation digitale. En attendant, ce partisan d’une indépendance totale des institutions financières s’est mis le monde bancaire à fond. Moralité, sa volonté de levée de fonds (10 millions d’euros, après 5 millions investis par la MAIF en 2015 et un prêt de la BPI) est restée vaine. A priori, la startup qui emploie une cinquantaine de personnes risque de fermer prochainement. Les comptes de ses 75 000 clients sont gelés. Dans le pire des cas, les fonds interbancaires devraient servir de garantie. Cette affaire met en lumière la fragilité des startups du secteur financier.

D’un côté, ces fintech secoue le monde de la finance en imposant des procédures ultra-rapides, une vraie transparence et surtout des frais de gestion autrement moins élevés que ceux des banques. Mais de l’autre, ces fintech manquent de fonds propres et ne parviennent souvent pas à définir un modèle économique convaincant. Morning, par exemple, était passé d’une forme d’économie collaborative à une structure bancaire en ligne. Éric Charpentier avait forcé la main de son actionnaire la MAIF qui ne voulait opérer cette transition, en raison des investissements colossaux qu’elle implique notamment en marketing.

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