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Inflation mode d’emploi, ou expliquer aux clients comment et pourquoi tout augmente.

Entre ceux qui savent et ceux qui en bavent, on ne se comprend pas toujours. Derrière toute étiquette qui s’envole, se dissimule un pro du commerce dont la réputation vacille.

DVSM, 9 mai 2022. Les experts économiques, les professeurs d’université et les théoriciens pourront passer des heures sur les médias à décrire les mécanismes qui génèrent inflation, déflation, et autres « trucs-tations » mélangeant un peu les deux, ils n’empêcheront jamais le chaland, qui n’est pourtant pas forcément handicapé par un supposé QI de souris, de soupçonner qu’en arrière-boutique, un voyou doublé d’une salopard s’en mettant plein les poches a peut-être bien joué de son savoir-faire pour profiter de la situation. Certes, les gredins existent, dans le commerce comme dans tous les domaines. Cependant, les mécanismes de contrôle et le repli quasi total du commerce « de la main à la main » ont relégué loin dans les pratiques certains comportements inélégants, voire délictueux. En revanche, pour un consommateur assez peu attentif aux rouages de la vie économique, « quand ça augmente, ça augmente…! » Et que tout soit peu ou prou concerné, comme dans une contamination perverse, et dès lors soulève les soupçons devient inévitable.

Comment la montée des cours du pétrole peut-elle affecter le prix des petits pois…? Simple : tout est lié. Passons, sans en minimiser l’impact, tout ce qui rend plus onéreuse la production agroalimentaire. Le transport des petits pois récoltés jusqu’aux lieux de traitement (mises en bocaux de conserve) est plus cher, comme le sont l’électricité (éclairage), l’énergie des ateliers et bureaux (chauffage) des installations de traitement. Le transport jusqu’aux lieux de vente est là encore plus onéreux, à l’image dans le magasin, de l’éclairage, du chauffage, du froid à produire et maintenir pour les produits frais et encore plus pour les surgelés. Mais aussi de l’énergie consacrée à l’informatique -dont les systèmes de caisses- le nettoyage… L’énumération pourrait se poursuivre sans aucune limite. Elle serait du même esprit pour des produits chargés en Asie, transportés par avion, puis par la route. Oui, mais diront certains observateurs, pourquoi l’avion, pas le bateau…? Parce que le bateau, dont le coût brut peut être limité, impose en revanche plusieurs semaines d’immobilisation financière. Un industriel qui livre « on board » (et selon ce que le commerce fait entrer dans les tarifs dits « FOB », pour « Franco On Board ») ses marchandises souhaite être réglé à ce moment. Et non un mois plus tard (minimum), quand le cargo entre dans le port de Rotterdam (par exemple) ou dans les entrepôts d’un hyper en France. Situation qui se complique si parallèlement, une inflation fait grimper les prix de 5% durant le mois (ce fut le cas en avril). Entrent alors en jeu les spécialistes gestionnaires qui, dans les entreprises, vont jongler avec ce que l’on appelle les « couvertures », précautions prises pour les différentes fluctuations possibles, non seulement celles liées à l’inflation, mais aussi aux évolutions dans la parité des monnaies.

L’inflation est toujours un mouvement d’ensemble, forcément mal vécu, en bout de chaîne, par les consommateurs, dont les revenus ne peuvent plus suivre. Et il peut même arriver que ceux-ci (salaires, pensions, etc…) soient autoritairement plafonnés, mesure très impopulaire mais parfois indispensable pour qu’une grimpette supplémentaire ne vienne amplifier les désagréments d’une phase inflationniste. Bout du bout, cerise amère sur un gâteau déjà infecte, l’effet de ces augmentations en chaîne a inéluctablement pour conséquence de ralentir la consommation. Ce qui a bel et bien été ressenti en France au cours des semaines récentes. Ce que Michel-Edouard Leclerc décrivait récemment par cette formule « la consommation patine« . Mais alors, comment se sortir de cette spirale inflationniste…? La dégringolade d’au moins une composante, importante, donc pas seulement le prix des petits pois, s’affaisse. Les cours du pétrole, par exemple. Ce qui serait possible si, par un généreux effet de soutien, l’OPEP décidait d’une vaste augmentation de sa production. Mais vendre très cher des barils sur un marché tendu est très lucratif. Avant de laisser les chalands montrer d’un doigt accusateur le patron de l’hyper du coin, il ne faudrait pas perdre de vue que certains vivent fort bien cette période de mise à genoux de l’occident. Comment ne pas comprendre ceux qui rêvent de la fin du pétrole…!

Source DVSM

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