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Optimiser les ressources humaines avec l’informatique spatiale

Le plus grand atout de chaque entreprise est son capital humain : ses hommes et ses femmes qui tous les jours accomplissent leurs tâches avec efficacité. Dans une usine, l’automatisation, les machines et la technologie sont souvent considérées comme des leviers d’amélioration de la performance tandis que la contribution d’un salarié bien formé et outillé est parfois sous-estimée.

La plupart des entreprises perdent plus de 20 % de leur capacité de production, en grande partie à cause de l’inefficacité de leurs systèmes et structures*. Pourtant, peu d’entre elles investissent dans des solutions susceptibles d’améliorer leur productivité. Bien que le nombre de travailleurs en première ligne s’élève à 2,5 milliards dans le monde, seul 1% environ des dépenses en logiciels d’entreprise leur est consacré**.

Le recours aux technologies numériques pour optimiser l’expérience des employés et accroître leur productivité devient plus pressant.
Le secteur manufacturier s’appuie sur une main-d’oeuvre vieillissante. Les départs en retraite massifs entraînent une perte d’employés expérimentés fiables, porteurs de savoirs multiples, tant au niveau de la pratique de leur métier que de la culture de l’entreprise. La pandémie de la Covid-19 renforce ces enjeux à l’échelle mondiale, à mesure que les contraintes réglementaires en matière de santé et de sécurité augmentent.

Parallèlement, la génération née avec le numérique s’attend (et souhaite) que la technologie fasse partie de son travail quotidien. Son usage au sein des entreprises s’impose donc, à la fois pour répondre aux attentes de ces enfants du numérique, mais aussi pour redorer le blason de l’industrie manufacturière et attirer de nouveaux talents. Les nouvelles technologies numériques participent ainsi à valoriser l’expérience des travailleurs en première ligne.

Selon une enquête de la National Association of Manufacturers de septembre 2020, la capacité à attirer et retenir les talents reste une priorité pour plus de la moitié des répondants (55 %).

Au vu de ces signaux, les fabricants cherchent de nouveaux moyens pour stimuler la performance de leurs collaborateurs, imaginer de nouvelles façons d’interagir avec leurs équipes et optimiser les processus de travail.

Pourtant, beaucoup d’entre eux n’intègrent pas le digital dans leur stratégie d’amélioration de la performance. Ils continuent de s’appuyer sur une gestion du travail axée sur les processus, ou d’appliquer une approche taylorienne. Dans une enquête menée par ATKearney, 71 % des fabricants déclarent que l’étude du temps d’exécution des opérations de production et du mouvement joue une rôle clé dans l’optimisation des flux de travail. Malgré tout 43 % doutent de la fiabilité des résultats obtenus.

Le Taylorisme se caractérise, entre autres, par la mise en place de bonnes pratiques, de formations standards et d’un contrôle étroit de l’encadrement. Cette méthode vise à rationaliser la manière dont un produit est fabriqué par la décomposition du processus de production en de multiples tâches partielles et la suppression de tout mouvement inutile. Les ouvriers d’usine sont supposés être beaucoup plus productifs en effectuant des gestes précis et de façon répétitive à l’instar des machines.

Le taylorisme présente toutefois de nombreuses limites. Sa mise en oeuvre est coûteuse car elle implique une analyse minutieuse de chaque étape du process et des mouvements associés. Elle requiert également une main d’oeuvre abondante. Par ailleurs, le scénario idéal du taylorisme s’applique à une seule ligne de production. La moindre modification sur cette ligne ou sur le produit lui-même nécessite une révision complète du modèle d’organisation. Tandis que l’informatique spatiale, par le biais de données utiles et contextualisées, apporte beaucoup plus de flexibilité : les opérateurs sont alors en mesure de connaître les bonnes pratiques et de les exécuter en temps réel.

Enfin, le Taylorisme n’échappe pas à l’effet Hawthorne : les individus modifient leurs habitudes de travail lorsqu’ils ont conscience d’être observés. Ce facteur fausse les résultats de l’étude du temps et des mouvements.

Ces méthodes de travail auparavant plébiscitées par les entreprises industrielles, apparaissent aujourd’hui obsolètes. Trop rigides dans leur approche, elles ne permettent plus de répondre aux contraintes fortes du marché en matière de qualité et de diversité des produits. De nouveaux moyens sont mis à la disposition des industriels pour améliorer les performances et la polyvalence de leur main-d’oeuvre : l’informatique spatiale et l’analyse en temps réel.

L’informatique spatiale au service de la performance de la main-d’oeuvre
L’informatique spatiale s’appuie sur un ensemble de technologies avancées, comme l’IoT, la réalité augmentée, l’intelligence artificielle. C’est la technologie la plus performante aujourd’hui pour optimiser la collaboration, l’organisation et la performance du travail sur des sites où opèrent des hommes et des machines.

Utilisant des technologies de géolocalisation, l’informatique spatiale permet de mieux comprendre la manière dont les personnes, produits, processus, machines, robots…se déplacent et interagissent dans un espace. Elle associe les données type IoT ou de géolocalisation un instant précis, un lieu et un contexte spécifiques, offrant une nouvelle grille de lecture en temps réel ; l’analyse spatiale est ainsi capable d’interpréter les relations et les points de rencontre entre l’homme, la machine et l’espace.

L’informatique spatiale fait déjà partie de notre quotidien. Elle entre en action dans le GPS des téléphones mobiles par exemple, en proposant l’itinéraire le plus rapide et en ajustant le trajet en fonction des informations sur le trafic en temps réel. Elle ouvre aussi de nouvelles perspectives dans les usines.

Elle contribue fortement à l’amélioration continue de l’ensemble des processus de fabrication, en identifiant les goulots d’étranglement plus précisément et plus facilement que les méthodes traditionnelles. Cette approche renforce l’efficacité de la main-d’oeuvre, la sécurité, la productivité et la capacité à lancer de nouveaux produits sur le marché plus rapidement.

A l’instar des athlètes professionnels qui tirent parti des technologies numériques et des enregistrements vidéo pour améliorer leurs performances, tant individuellement qu’en équipe, les entreprises industrielles pourraient s’appuyer sur des analyses de performance issues des technologies spatiales. En tant qu' »athlète industriel », chaque opérateur bénéficierait d’une compréhension et d’une analyse plus complète de son travail. Fort de ces connaissances, il deviendrait plus agile, davantage responsabilisé et plus performant, et ce, à titre individuel et collectif.

Le développement de l’informatique spatiale profitera du déploiement de la 5G, de son ultra-haut débit de sa fiabilité et du temps de latence réduit. Elle améliorera la capacité des fabricants à saisir et à analyser les données. Dans un contexte de transformation digitale de l’industrie, cette technologie prend toute sa valeur. L’avenir proche augure un nouveau niveau d’intelligence qui bouleversa la manière dont les individus interagissent avec la robotique et optimisera l’ensemble des flux de travail, au profit de l’entreprise.

Plus d’informations : https://www.ptc.com/fr

*Harvard Business Review
** Forbes

Par Marc Bringuier Directeur Réalité Augmentée / Vuforia – France Benelux et Suisse

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