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Radio numérique terrestre, entre grand flou et méconnaissance

Les demandes de licences déposées avant Noël auprès du CSA pour des fréquences en DAB+ alimentent des commentaires parfois assez caricaturaux.

 DVSM, janvier 2019. Les professionnels le savent, il y a les « pour » et les « contre » à propos de la perspective de développement du DAB+. DVSM n’a jamais fait mystère d’une position extrêmement prudente concernant la pertinence de ce développement. Ne revenons pas sur des points que nous avions abordés et à lire ou relire ICI. Ce projet qui prend doucement et très péniblement son envol, voit de temps à autres le doute s’épaissir à son propos, ne serait-ce qu’à travers des affirmations fort approximatives. Ainsi, dans son dernier numéro paru, le magazine Challenges, qui souligne le flou entourant ce mode de transmission, y va de quelques commentaires peu encourageants. « On captera mal le DAB+ dans les appartement, soutient-il, invitant le lecteur à « ne pas jeter son vieux récepteur FM« . Et d’ajouter que « l’acquéreur devra pour en bénéficier, acquérir une nouvelle voiture (rien que ça…), ou un nouveau transistor ». Évoquant les avantages du DAB+, le même billet indique que l’on pourra « suivre sa radio favorite du nord au sud de la France sans avoir à changer de fréquence« . Exactement ce que permet déjà la radio en FM grâce à la fonction RDS, mise en service il y a plus qu’un quart de siècle. En indiquant que le signal ne sera pas perdu entre deux grandes villes comme c’est le cas en FM, il aurait fallu ajouter « à condition que les réseau d’émetteurs sont suffisant », ce qui est aussi la même chose que pour la bande FM.

En effet, en dépit de son caractère numérique, le DAB+ reste une transmission radio, hertzienne pour ceux qui préfèrent ce vocable. Comme pour la télévision numérique, la différence sera qu’à la place d’une réception mauvaise, crachouillante, un signal insuffisant se traduira essentiellement par pas de réception du tout. C’est à ce stade que le projet de DAB+ fait réfléchir. Couvrir le territoire français (significativement le plus grand des territoires nationaux de l’Union européenne) suppose l’installation de dizaines de milliers de pylônes (émetteurs). Long travail, très cher, et en face à face direct avec le déploiement inéluctable de la couverture en « téléphonie » 5G qui, elle aussi, pourra transmettre la radio en numérique, et servira à une multitude d’autres usages. Le défi du DAB+ et ses facettes qui font peur sont donc bien davantage d’ordre économique qu’issus d’une contestation de ses mérites techniques. Encore que sur ce plan, il est possible que des amateurs, férus de hi-fi, éprouvent à l’égard du numérique un inconfort que l’analogique épargne. Le succès du vinyle, qui n’est pas uniquement un phénomène de mode, apporte un enseignement à ne pas négliger. En outre, l’exemple de la télévision en formule TNT est de moins en moins convainquant. Décrit comme le format de la télévision du futur il y a à peine plus de 15 ans, certains en envisagent déjà l’abandon, vaincu de fait chez les consommateurs qui, très majoritairement, utilisent le duo ADSL-satellite, l’ADSL étant lui-même en passe d’une puissante optimisation grâce au déploiement de la fibre.

Source DVSM

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