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Télétravail : un modèle qui s’envole mais soulève des critères pouvant sérieusement fâcher…

L’adoption du télétravail vigoureusement propulsée par la pandémie remet dans la balance de multiples points d’organisation et d’évaluation, dont le temps, passé, payé, chargé, mais pas seulement… 

DVSM, 1er février 2022. Télétravailler pourrait précipiter une profonde révolution dans la conception du travail sous une multitude d’aspects essentiels. A travers un récent dossier, le quotidien économique Les Echos a mis discrètement le doigt sur une notion qui n’était que peu perçue, avant que ne surgisse le télétravail sous l’influence d’un virus qui bouleverse à lui seul autant que l’irruption du numérique. Ce point concerne l’éventuelle surveillance des personnels employés à distance. D’emblée, celle-ci est-elle seulement concevable, alors que la surveillance en entreprise pose de nombreux problèmes…? Le consentement n’est que le sommet de l’iceberg par rapport à l’ensemble de ce qui mérite d’être pris en compte, contrôlé, permis ou pas. Et d’ailleurs, l’idée en dissimule une autre : certaines tâches peuvent-elles, par exemple, justifier la rémunération d’un temps complet…? Il peut être considéré comme légitime (voire indispensable en termes de gestion) qu’un employeur sache comment est utilisé le temps rémunéré. Or, si un collaborateur télé-travaillant surveille ses enfants du coin de l’œil, peut-on considérer qu’il est 100% du temps qui lui est rémunéré réellement « au boulot »…?  Une nuance surgit de la sorte, celle établissant la différence entre un poste occupé et un temps de travail effectivement réalisé.

Les questions vont plus loin. Ayant déjà gagné le temps du transport entre domicile et entreprise, un télé-travailleur pourrait-il se voir interdit d’exécuter simultanément plusieurs contrats de travail…? Après tout, en passant un peu plus d’heures à ses diverses tâches, débarrassé de la fatigue des trajets entre domicile et entreprise, comment ne pas saisir l’occasion d’améliorer ses revenus. Encore salarié, ou déjà un peu sous-traitant…? Et de limiter les risques de se retrouver sans revenu, tous les employeurs ne disparaissant pas au même moment. (Même Pôle emploi et les cotisations chômage y trouveraient un intérêt). En passant au télétravail, la notion d’un temps passé semble devoir tôt ou tard s’effacer au profit d’un concept de tâches ou missions accomplies. Concept qui est déjà un mode contractuel entre entreprises et exécutants dans certaines circonstances, notamment dans le monde anglo-saxon.

Peut-on télétravailler de son jardin, du bord de sa propre piscine…? Le télétravail a amorcé une autre facette « chatouilleuse ». Elle concerne le lieu où il s’exerce. Des collaborateurs ont ainsi choisi de quitter des agglomérations importantes pour s’établir dans des zones plus rurales, leur permettant de disposer de logements moins chers, et donc d’une place plus importante dédiée à ce travail. Mais pourquoi toujours à l’intérieur ? Voilà qui ouvre encore de nouvelles perspectives, que la question suivante ne fait que rendre plus insolentes : pourquoi rester sur notre territoire ? Certains n’ont pas hésité et ont d’ores et déjà pris le chemin du Portugal, du Maroc… Et pire encore, est-il possible de faire travailler d’autres personnes. A deux, ou trois, ou plus, et pour une série, un petit chapelet de contrats de travail, ce sont les économies d’échelle qui se profilent à l’horizon. Au moins pour les 30% d’emplois capables de se convertir en travail à distance. Pour les autres, on continue comme avant. Mais comment imaginer que ces visions inédites ne se prolongent pas sous diverses variantes, même lorsque notre virus perturbateur préféré aura lui-même décidé de cesser ses activités ?

Source DVSM

 

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